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Bulletin Quotidien Europe N° 9605
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/avenir de l'europe

La Suède aspire à une Europe « forte, moderne et ouverte » et souhaite faire partie du « noyau dur » de l'UE

Bruxelles, 19/02/2008 (Agence Europe) - Le Premier ministre de Suède, Fredrik Reinfeldt, a exposé, mardi 19 février devant le Parlement européen à Strasbourg, sa vision d'une « Europe forte et moderne » capable de défendre les intérêts de ses citoyens et de jouer un rôle majeur sur la scène internationale. Il a aussi plaidé pour une « Europe ouverte » qui continue à s'élargir à ses pays voisins (y compris la Turquie) et qui ait une attitude plus positive à l'égard des immigrants qui souhaitent travailler en Europe. Il faut une politique de migration « bien gérée » et une politique européenne d'asile d'ici 2010, a-t-il notamment dit.

Le chef du gouvernement suédois a par ailleurs critiqué la part importante qu'occupe la politique agricole commune dans le budget européen qui, selon lui, ne reflète pas suffisamment les ambitions de l'UE. Le budget européen est « obsolète depuis longtemps » car il est « absurde » de consacrer 40% des dépenses à l'agriculture qui occupe juste 2% de la population, estime M. Reinfeldt qui aimerait voir l'UE investir davantage dans la recherche et le développement, les relations extérieures ou la lutte contre le crime organisé.

Il n'a pas laissé de doute que la Suède, qui a adhéré en 1995, compte parmi les pays membres qui demandent davantage d'Europe. Le soutien de la population suédoise en faveur de l'Europe augmente et la Suède veut faire partie du « noyau dur » de la coopération européenne, a souligne le Premier ministre qui apparaissait pour la première fois devant le PE. « Il ne faut pas avoir peur d'une Europe forte, mais plutôt craindre une Europe faible », a-t-il dit. Le Traité de Lisbonne, que le Parlement suédois a l'intention de ratifier d'ici novembre, va rendre l'UE « plus efficace, plus démocratique et plus visible ».

Le nouveau traité permettra aussi de développer deux politiques qui sont très chères à la Suède et dans lesquelles ce pays joue déjà un rôle de modèle dans l'UE: la protection de l'environnement (en particulier, la lutte contre le changement climatique) et la politique énergétique. Le renforcement de la compétitivité économique de l'UE passera par le développement des technologies écologiques, a souligné M. Reinfeldt, en insistant sur le fait que « l'environnement crée des emplois ». « La croissance n'est pas l'adversaire de l'environnement et vice versa » et la Suède est la preuve qu'un pays peut augmenter son taux de croissance tout en diminuant de manière considérable ses émissions de gaz à effets de serre, a-t-il dit. L'environnement, la politique énergétique et la croissance économique figureront aussi en tête des priorités de la Présidence suédoise de l'UE au second semestre 2009, a annoncé le chef du gouvernement. Le développement de la région de la mer Baltique en sera une autre, tout comme la mise en œuvre de la Stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi « dont les réalisations pratiques laissent malheureusement à désirer ».

La Suède souhaite aussi que l'UE soit « la voix de la paix et de la réconciliation dans le monde entier », en privilégant la gestion des crises. Au cours de sa présidence de l'UE en 2009, la Suède s'efforcera de faire fonctionner au mieux le service européen de l'action extérieure pour que l'UE puisse agir de manière plus cohérente et efficace dans les différentes régions du monde. Il faudra aussi rapprocher la Russie à l'UE, sans oublier le Bélarus « qui est plus proche de la Suède que certaines autres régions de l'UE », a remarqué M. Reinfeldt. L'engagement de l'UE dans les Balkans occidentaux, et en particulier au Kosovo, sera encore long, prédit-il. La politique d'élargissement de l'UE est « très importante » pour la Suède, a insisté le Premier ministre qui critique les « voix qui s'élèvent » contre de nouvelles adhésions. « Sans l'élargissement de l'UE, l'Europe ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui », à savoir une zone de stabilité et de prospérité, a dit M. Reinfeldt qui demande de ne pas « ériger de nouveaux murs » face à la Turquie et aux autres candidats. (H.B.)

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