Bruxelles, 19/02/2008 (Agence Europe) - « Stop » aux appels récurrents à la modération salariale, « stop » aux gouvernements et aux employeurs qui utilisent trop librement la baisse salariale comme seule variable d'ajustement, « pour » des augmentations salariales: tel est l'appel lancé par la Confédération européenne des syndicats (CES). Mercredi 20 février à Bruxelles, elle donnera le coup d'envoi d'une campagne européenne sur les salaires, y compris les salaires minima. La CES enverra également un message aux ministres des Finances de l'UE, qui se réuniront le 5 avril à Ljubljana, en y organisant le même jour une manifestation pour réclamer des augmentations salariales, avec un slogan: « De meilleurs salaires pour une Europe meilleure ».
Une modération salariale excessive menace la dynamique de la demande intérieure, nuit à la croissance économique et à la création d'emplois dans de nombreux pays européens, explique la CES dans un communiqué. Alors que la demande est basse et risque de le rester, les entreprises européennes utilisent leurs profits pour spéculer dans les « carrousels du capitalisme financier » au lieu de favoriser des investissements productifs. Les bas salaires, les contrats de travail précaires en augmentation constante ou encore le fait qu'il y a actuellement 18,9 millions de travailleurs pauvres (contre 6,9 millions de chômeurs pauvres) découragent ceux-ci à s'engager dans des emplois innovants et de haute productivité. Autant de raisons qui expliquent l'appel des syndicats européens qui exigent « des négociations collectives renforcées et autonomes permettant à tous de bénéficier équitablement des fruits de la croissance », précise la CES. Infos: http://www.etuc.org (G.B.)