Strasbourg, 19/02/2008 (Agence Europe) - En adoptant, mardi 19 février à Strasbourg, le rapport d'initiative d'Ignasi Guardans Cambó (ALDE, espagnol), le Parlement européen a apporté son soutien et renforcé la stratégie de la Commission européenne pour améliorer l'accès aux marchés des pays tiers pour les entreprises de l'Union européenne. Dans le cadre du programme « Global Europe » proposé par le commissaire au Commerce Peter Mandelson fin 2006, la Commission avait adopté en avril 2007 une nouvelle stratégie « dynamique » d'accès aux marchés des pays tiers, en particulier des pays émergents, pour les entreprises de l'UE. Reposant sur un partenariat décentralisé entre la Commission, les Etats membres et les entreprises pour intervenir « sur le terrain » dans les pays tiers, cette stratégie vise à abattre les barrières commerciales à l'étranger, en particulier non tarifaires, et à ouvrir de nouveaux marchés pour les exportateurs européens (EUROPE n° 9409).
Interrogé par EUROPE, M. Guardans Cambó a expliqué que son rapport soutient la stratégie proposée par la Commission mais « va au-delà via des propositions concrètes visant à renforcer les services et les structures de la Commission en matière d'accès au marché ». « Nous demandons à la Commission de renforcer la dimension commerce de ses services dans certaines délégations, à Beijing, New Delhi, Moscou et Brasilia notamment. Dans les structures de la Commission en Chine, on parle beaucoup de politique et pas assez de commerce », explique le rapporteur. M. Guardans Cambó souligne également la nécessité d'une plus grande coordination entre les Etats membres, les régions, les chambres de commerce et d'industrie, pour aider les entreprises tournées à l'exportation ou implantées dans les pays tiers. « La Commission a un rôle essentiel à jouer pour donner plus de cohérence à la stratégie d'accès au marché et coordonner les activités de ces organismes », insiste-t-il, tout en précisant se garder de vouloir créer une nouvelle structure, type agence européenne à l'exportation, avec tous les inconvénients de la lourdeur administrative. Son rapport met aussi l'accent sur les PME. « Nous soulignons bien plus que ne le fait la Commission le rôle des PME. La stratégie d'accès au marché est aussi destinée aux grandes entreprises, mais nous devons davantage aider les PME tournées à l'exportation, par exemple à obtenir des cours de formation dans les pays tiers, mais également favoriser leur meilleur rapport avec les organismes nationaux et les bureaux de la Commission », explique-t-il. Bien sûr, les entreprises européennes peuvent être en concurrence sur les marchés extérieurs, mais il est essentiel d'établir des stratégies parallèles, selon le rapporteur, pour mieux conquérir les marchés des pays tiers.
Selon le rapport Guardans Cambó, pour que la Commission garantisse « un degré approprié de coordination entre les actions menées à l'échelon national et au niveau communautaire, en canalisant des ressources qui, autrement, seraient dispersées et en assurant une défense plus efficace des droits et des intérêts des exportateurs européens », des initiatives peuvent être prises à quatre niveaux: - à l'échelle de l'UE, il s'agit de renforcer la coopération entre la Commission et les Etats membres aux fins du partage d'informations et de bonnes pratiques. Les Etats membres devraient créer des réseaux de services d'assistance nationaux ou régionaux pour centraliser les informations et les plaintes. Le PE demande par ailleurs à la Commission de prendre en compte certains éléments comme la nécessité d'étoffer son personnel s'occupant des questions d'accès au marché, de créer un registre des plaintes au sein de la DG Commerce et d'élaborer des lignes directrices structurées pour le traitement de chaque catégorie de barrière non tarifaire ; - dans les pays tiers, il s'agit d'assurer une plus grande coordination entre la Commission et les Etats membres pour assurer une utilisation optimale des ressources diplomatiques et gouvernementales affectées aux questions d'accès au marché. Il s'agit aussi de renforcer la coopération entre la Commission, les Etats membres, les Chambres de commerce et les agences de promotion du commerce pour garantir l'échange d'informations. Le PE invite aussi la Commission à redéfinir ses priorités en matière d'affectation des ressources humaines dans les délégations de l'UE dans les pays émergents majeurs (Brésil, Chine, Inde, Russie…) ; - au niveau sectoriel, le PE est favorable à la mise en place d'initiatives spécifiques pour s'attaquer aux entraves dans les domaines des services, des marchés publics, de l'investissement, de la propriété intellectuelle et des aides d'État. Il s'agit aussi de permettre aux PME de bénéficier systématiquement de nouvelles initiatives en matière d'accès aux marchés; - au plan multilatéral, le PE encourage la définition de stratégies communes en matière d'accès au marché entre les pays développés (UE, Etats-Unis, Canada Japon), mais également la promotion de la coopération réglementaire au niveau international. Enfin, il invite la Commission à promouvoir la mise en place à l'OMC de mécanismes spécifiques permettant d'intervenir plus rapidement face à l'émergence de nouvelles barrières non tarifaires. (E.H.)