Bruxelles, 19/02/2008 (Agence Europe) - Louis Michel, Commissaire européen au Développement et à l'aide humanitaire, responsable des relations avec les pays ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique), a réagi à l'annonce par Fidel Castro qu'il ne briguera pas de nouveau mandat à la présidence de Cuba en « prenant note » de la nouvelle et en exprimant sa « disponibilité à engager un dialogue politique constructif avec le futur successeur du Président Castro ». C'est dans cet esprit qu'il se rendra à Cuba les 6 et 7 mars prochains, précise une déclaration du commissaire publiée le 19 février. Louis Michel s'y félicite de la récente décision du gouvernement cubain de libérer un certain nombre de prisonniers politiques pour des motifs humanitaires.
« Cette décision unilatérale importante et l'annonce récente par le gouvernement cubain de la signature de la Convention internationale sur les droits économiques, sociaux et culturels et sur les droits civils et politiques sont des avancées positives qui méritent d'être reconnues. La Commission européenne est prête à continuer à travailler avec le gouvernement cubain en coordination avec nos partenaires de l'UE, pour améliorer et renforcer les questions de coopération d'intérêt commun », souligne la déclaration.
Les progrès qu'escompte le Commissaire dans le processus de dialogue avec le gouvernement cubain a pour but d'atteindre les objectifs de la position commune de l'UE sur Cuba, adoptée en 1996 et renouvelée en 2007, précise John Clancy, porte-parole du Commissaire. L'agenda détaillé de la visite de Louis Michel à Cuba n'est pas encore finalisé, ajoute-t-il. Rappelons que Cuba est membre à part entière du groupe des Etats ACP, mais n'est pas signataire de l'Accord de Cotonou liant l'UE à 78 pays ACP.
« Cette démission va immanquablement marquer le début de la fin de cette dictature communiste (…) », explique Joseph Daul dans un communiqué publié le même jour. « Une fois que cette île aura renoué avec la démocratie et l'économie de marché, on peut espérer que les conditions de vie de la population cubaine s'amélioreront rapidement », ajoute le président du groupe PPE-DE au Parlement européen.
Avec le départ de Fidel Castro, « j'espère que les forces réformatrices pourront arriver au pouvoir », a estimé Martin Schulz. « Derrière son frère, j'espère qu'il y a de nombreuses personnes prêtes à réformer le pays », ajoute le président du groupe PSE, qui doute cependant que Fidel Castro soit entièrement sorti du jeu politique.
« On ne peut que saluer la décision responsable du président cubain, Fidel Castro, de créer les conditions des changements nécessaires jusqu'au plus haut niveau de l'Etat », s'est pour sa part félicité Francis Wurtz. Le président de la GUE-NGL, qui veut croire en des 'changements conceptuels et structurels' évoqués par Raul Castro, appelle l'UE à « lever les sanctions qui frappent toujours ce pays -déjà cruellement frappé par le blocus américain ». Les Vingt-sept devraient « modifier la "position commune", du Conseil qui date d'une période révolue » et ouvrir avec Cuba « un dialogue politique sans condition ». Et d'ajouter: « Une occasion se présente pour une normalisation des relations: saisissons-là! ». (A.N./A.B.)