Bruxelles, 18/02/2008 (Agence Europe) - A la demande de la France, vingt ministres de l'Agriculture des Etats membres de l'UE se sont rapidement réunis, lundi 18 février, pour dénoncer une « fuite en avant » dans les négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur le cycle de Doha. Ces pays (tous sauf Royaume-Uni, Suède, Danemark, République tchèque, Estonie, Lettonie et Malte) ont jugé « inacceptable » le dernier document de compromis de Crawford Falconer (président du Comité des négociations agricoles à l'OMC), a rapporté Michel Barnier, le ministre français de l'Agriculture. Ce texte de compromis remettrait en cause des « pans entiers » de l'économie agricole européenne, en particulier les fruits et légumes et l'élevage, a précisé M. Barnier. Selon lui, ce document crée un déséquilibre entre les concessions importantes qui seraient faites par l'Union européenne en agriculture et le manque d'avancées dans les autres secteurs, à savoir les services, les indications géographiques et l'industrie. M. Barnier ne veut pas d'un accord à l'OMC qui se fasse sur le dos de l'agriculture. « Ce qui se prépare, c'est un mauvais accord », s'est inquiété M. Barnier, en voyant la volonté de certains (dont Pascal Lamy, le président de l'OMC) d'accélérer les choses d'ici au mois d'avril. « Nous préférons qu'il n'y ait pas d'accord plutôt qu'un mauvais accord », a-t-il conclu en parlant au nom des 20 pays unis pour la même cause. Plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont d'ailleurs écrit au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour le mettre en garde contre toute tentation de brader les intérêts agricoles européens. (L.C.)