Bruxelles, 18/02/2008 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères des 27, réunis à Bruxelles lundi 18 févier, ont condamné avec vigueur les nouvelles attaques menées par des groupes armés contre le gouvernement du Tchad, et appelé toutes les parties en présence à « renoncer de façon inconditionnelle à recourir à la force et à entamer un dialogue constructif en vue de trouver une solution pacifique à la crise ». A cette occasion, ils ont également rappelé la neutralité de l'EUFOR Tchad/RCA, l'opération militaire de l'Union européenne au Tchad et en République centrafricaine, soupçonnée par l'opposition tchadienne de jouer le jeu des intérêts français - à tort, selon l'UE.
Dans ses conclusions, le Conseil se dit « vivement préoccupé par les ramifications régionales des tentatives de renversement du gouvernement tchadien et appuie sans réserve l'appel lancé par l'Union africaine et les Nations unies en faveur du respect de la souveraineté, de l'unité nationale et de l'intégrité territoriale du Tchad ». Pour permettre un apaisement du conflit, il invite les gouvernements du Soudan et du Tchad à « cesser immédiatement de soutenir et d'équiper les groupes armés et à améliorer leurs relations ».
A la suite de l'état d'urgence décrété par les autorités tchadiennes, le Conseil précise qu'il surveillera de près le respect des droits et des libertés civiles, ainsi que des principes fondamentaux de l'Etat de droit. Réitérant son plein soutien à l'accord politique du 13 août scellé par la quasi-totalité des partis de l'opposition légale et de la majorité présidentielle, le Conseil estime qu'il constitue « la pièce maîtresse d'une feuille de route plus large en vue d'élections législatives en 2009 ». Partant il demande instamment aux autorités tchadiennes de continuer à soutenir ce processus, et appelle toutes les parties à l'accord à renouer le dialogue et à commencer à travailler dans le cadre du comité de suivi de l'accord.
Le Conseil se déclare « profondément préoccupé par l'arrestation de membres de l'opposition politique non-armée » dont M. Lol Mahamat Choua. Il appelle le président Idriss Déby « à faire preuve de retenue et à les libérer sans délai ».
Le Conseil condamne également avec la plus grande fermeté les attaques perpétrées le 8 février par les forces soudanaises contre trois villages à l'Ouest du Darfour et se dit profondément préoccupé par le nombre de morts et de blessés parmi les civils, que rapportent l'UNAMID et OCHA. De même il condamne les activités militaires de mouvements rebelles à l'ouest du Darfour et appelle toutes les parties à s'engager à une cessation immédiate des hostilités.
De l'avis du Conseil, les conséquences de cette attaques sur l'Est du Tchad, confronté à l'afflux de
10 000 nouveaux réfugiés près de Guereda, soulignent l'urgente nécessité d'une montée en puissance des efforts internationaux pour sécuriser les réfugiés et les personnes déplacées à l'intérieur du pays, en déployant l'EUFOR Tchad/RCA et la MINURCAT, et en procédant au plein déploiement de la MINUAD au Darfour.
« L'EUFOR a pour mandat de contribuer à la protection des civils en danger - notamment les personnes déplacées et les réfugiés, de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire et la libre circulation du personnel humanitaire, et de protéger le personnel, les installations et l'équipement des Nations unies. Conformément à son mandat, l'opération EUFOR Tchad/RCA sera conduite de manière impartiale, neutre et indépendante », rappellent les conclusions.
Le Conseil salue la contribution financière apportée par la Commission européenne à la MINURCAT et à l'acheminement d'une aide humanitaire aux démunis, ainsi que le soutien qu'elle apporte au processus de réconciliation et à la réhabilitation des zones touchées par les conflits. (A.N.)