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Bulletin Quotidien Europe N° 9547
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/kosovo

L'aval du Conseil de sécurité n'est pas indispensable pour un accord sur le Kosovo, ni pour la mission civile de police de l'UE, selon M.Solana

Bruxelles, 20/11/2007 (Agence Europe) - Vu les chances très minimes de parvenir encore à une solution négociée sur le Kosovo et compte tenu de l'opposition de la Russie à l'indépendance de la province serbe, l'UE n'estime plus qu'une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies soit indispensable pour définir le futur statut du Kosovo, ni pour encadrer le déploiement de sa future mission civile de police sur place. « La préférence de l'Union européenne a toujours été d'avoir une résolution du Conseil de sécurité. Mais nous ne pouvons pas avoir une décision au Conseil de sécurité s'il n'y a pas un accord entre ses membres. Même sans accord (au Conseil de sécurité), la vie continuera. Ce n'est pas la fin du monde », a déclaré le Haut Représentant de l'UE pour la Pesc, Javier Solana, le 19 novembre à la presse à l'issue du Conseil Relations extérieures (EUROPE n° 9546). Il a souligné que l'UE devra « de toute manière » soutenir le processus de stabilisation du Kosovo avec la future mission civile de police. Même sans résolution du Conseil de sécurité (qui se heurtera sans doute au veto russe), « je pense que nous allons trouver une solution en accord avec le droit international. Il y a des possibilités que nous allons discuter avec le secrétaire général de l'Onu dans les prochains jours », a expliqué M. Solana. Quel que soit l'encadrement juridique qui sera finalement trouvé, « l'UE veut être en première ligne pour soutenir la stabilisation du Kosovo », a-t-il ajouté.

En cas de déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo après le 10 décembre (échéance des pourparlers entre Serbes et Kosovars albanais), l'UE sera-t-elle capable de réagir d'une seule voix ? « Nous allons tout essayer pour parvenir à un consensus (entre les Vingt-sept) sur une question tellement complexe et importante pour la stabilité et la paix en Europe », a souligné lundi soir Luis Amado, le ministre portugais des Affaires étrangères et actuel président du Conseil. La Présidence portugaise se battra « jusqu'à la dernière minute » pour parvenir à ce consensus, a-t-il dit. Avoir tous les 27 pays membres derrière la position de l'UE serait un « facteur stabilisant » pour le Kosovo et toute la région des Balkans, a poursuivi M. Amado avant de relativiser: « Si ce n'était pas le cas, ce ne serait pas la fin du monde » ; il ne faut pas « dramatiser » un tel scénario même s'il s'agirait d'une « situation difficile ». A ce stade, selon des diplomates, une vingtaine de pays membres seraient prêts à reconnaître l'indépendance du Kosovo ; l'Espagne, la Grèce, Chypre, la Slovaquie et la Roumanie comptent parmi les pays les plus réservés.

Quoi qu'il en soit, l'UE définira sa position seulement après la remise du rapport de la troïka à l'Onu, le 10 décembre (ce même jour aura lieu un Conseil « Relations extérieures » à Bruxelles, NDLR). D'ici là, l'UE veut encore croire à une solution négociée. Les conclusions du Conseil de lundi réaffirment le soutien de l'UE au processus de négociation et à son représentant dans la troïka, Wolfgang Ischinger. Le Conseil s'est même « réjoui de la perspective de l'intensification des négociations » et a appelé les deux parties à faire preuve de davantage de « souplesse » et à mettre tout en oeuvre pour trouver un règlement négocié.

Serbes et Kosovars albanais se sont revus à Bruxelles, sans aucune avancée

Mardi 20 novembre, sous les auspices de la troïka internationale, le président serbe Boris Tadic et son Premier ministre Vojislav Kostunica ont eu à Bruxelles de nouveaux pourparlers avec les dirigeants kosovars, y compris Hashim Thaci, le vainqueur indépendantiste des élections législatives du week-end. Les Serbes ont plaidé une nouvelle fois pour un Kosovo autonome, sans indépendance totale et respectant l'intégralité territoriale de la Serbie. Belgrade a proposé des statuts alternatifs pour le Kosovo, comme celui de Hong-Kong qui jouit d'une large autonomie au sein de la République populaire de Chine. Mais ces options ont toutes été écartées par les Kosovars albanais. « L'idée avancée par la Serbie d'une solution à la Hong-Kong n'est pas envisageable. Le modèle chypriote ne peut pas non plus être adapté au Kosovo, ni d'ailleurs les propositions de fédération ou de confédération avec la Serbie. Aucune de ces idées ne tient la route », a commenté M. Thaci qui a répété mardi que seule l'indépendance était une option réaliste. Mais il a également promis de « ne rien faire sans coordination avec nos partenaires, Washington et Bruxelles », démontrant ainsi qu'il avait entendu l'appel lancé lundi par les ministres des Affaires étrangères de l'UE (EUROPE d'hier). Mardi après-midi, la troïka envisageait de soumettre aux parties une nouvelle proposition, sans grand espoir: un accord de coopération qui organiserait les relations entre le Kosovo et la Serbie sans définir le statut de la province. Selon Wolfgang Ischinger, il s'agirait d'un accord inspiré du
« Grundlagenvertrag » que la République fédérale d'Allemagne avait signé avec la RDA en 1972. (H.B.)

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