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Bulletin Quotidien Europe N° 9547
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/acp

L'assemblee parlementaire paritaire veut une strategie commune UE/Afrique en ligne avec les priorités de developpement durable de l'Afrique ET ASSOCIANT les Parlements

Kigali, 20/11/2007 (Agence Europe) - Les députés européens et leurs homologues des pays ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique), réunis en Assemblée parlementaire paritaire (APP), ont été unanimes, mardi 20 novembre à Kigali, à demander l'implication des parlements et de la société civile dans la définition et la mise en œuvre de la stratégie commune UE/Afrique et de son plan d'action 2008-2010 qui seront adoptés au sommet UE/Afrique de Lisbonne (8-9 décembre). Si l'APP n'est pas invitée pour cette rencontre au plus haut niveau, tous se sont réjouis qu'une délégation de 25 députés européens et un nombre équivalent de représentants du Parlement panafricain se rencontrent à Lisbonne le 7 décembre, à la veille du sommet, pour préparer la déclaration commune que leurs « ambassadeurs » - Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen et Gertrude Mongella, présidente du Parlement panafricain - viendront lire devant les chefs d'Etat et de gouvernement à l'ouverture du sommet. La stratégie commune UE/Afrique, inscrite à l'ordre du jour de l'APP, ne fera pas l'objet d'une résolution. Le débat a néanmoins permis de dégager une attente commune: ce deuxième sommet, différé depuis 2003, doit être utile, c'est-à-dire déboucher sur une stratégie véritablement commune, en ligne avec les priorités du NEPAD (nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique pour l'Afrique) ainsi que l'objectif prioritaire d'éradication de la pauvreté et de développement durable des pays africains, en particulier en Afrique subsaharienne. Au-delà de cette attente partagée, des attentes spécifiques de parlementaires africains, liées aux spécificités de leurs pays particulièrement exposés aux politiques de migration choisie ou aux changements climatiques, ont été exprimées.

Dans son intervention liminaire, le représentant de la Commission européenne, Alexander Baum, a estimé que « le moment est venu de cesser de reporter ce sommet » qui a vocation à « jeter les bases d'un partenariat stratégique et politique à long terme, pour des relations plus complètes », allant bien au-delà de la relation donateur/récipiendaire, en tenant compte du changement de réalité en Europe, en Afrique et dans le monde, en termes d'architecture institutionnelle, de données politiques et économiques et de menaces globales. Le texte agréé par la troïka ministérielle UE/Afrique, le 31 octobre (au Ghana), est presque définitif ; il vise à élever le partenariat politique à des sujets communs pour encourager un vrai multilatéralisme, pour appréhender des défis communs, et contient une architecture institutionnelle, des mécanismes de suivi et huit partenariats. La dernière touche au plan d'action sera mise à Charm El Cheikh, au début de décembre ; les travaux préparatoires sont en cours, a déclaré le représentant de la Commission.

Maria Martens (PPE-DE), auteur du rapport qui a guidé la position du Parlement européen pour le Sommet UE/Afrique (EUROPE n° 9533), a souligné l'importance de « valeurs et de principes communs » et la nécessité de « se concentrer sur le bien-être des êtres humains », qu'il s'agisse de sécurité, de commerce, de migration ou de changement climatique. Enfonçant le clou, Alain Hutchinson (PSE, belge) a insisté sur la cohérence des politiques européennes en matière de commerce, de pêche, d'agriculture et de migration au regard du développement. « Nous ne pouvons taire notre position sur les accords de partenariat économique (APE). Qu'il soit bien clair que nous refuserons tout accord qui, une fois signé, placerait les pays d'Afrique dans une position moins favorable qu'aujourd'hui », a-t-il lancé. Thijs Berman (PSE, néerlandais) a insisté pour qu'il soit tenu compte, dans les futurs APE, de l'écart de richesse entre l'UE et l'Afrique.

La Mauricienne Nita Deerpalsing a plaidé pour la prise en compte des spécificités des petits Etats insulaires. Le représentant du Mali a dit tout l'intérêt que porte son pays aux questions relatives à la migration, aux APE et au changement climatique. Kabelo Mafura , du Lesotho, a jugé important que « l'avenir du groupe ACP soit précisé en tenant compte de cette future stratégie UE/Afrique ». Et d'appeler à la vigilance pour que cette stratégie ne comporte pas de contradictions et ne sape pas l'esprit de l'accord de Cotonou. Olle Schmidt (ALDE, suédois), satisfait que l'énergie, le changement climatique, la mobilité et l'emploi soient au menu de la stratégie UE/Afrique, a insisté sur l'importance d'une « vision commune, mais aussi d'une responsabilité commune ». Estimant que les droits humains doivent être au cœur du partenariat stratégique, l'eurodéputé de nationalité suédoise a lancé un appel à ses collègues africains pour qu'ils reconnaissent « qu'il n'est pas dans l'intérêt des pays africains de permettre à Robert Mugabe de participer à ce sommet ». En guise de réponse, le représentant de la RdC a lancé un appel vigoureux à « ne pas se perdre dans les problèmes de Mugabe et (des investissements: NDLR) de la Chine en Afrique. Le Zimbabwe est membre de la SADC, et chacun est libre de coopérer avec qui il veut. La démocratie a avancé en Afrique. Ne perdons pas de temps, sinon ce sera un sommet pour rien », a-t-il lancé. Amadou Cir Sall, parlementaire du Sénégal préoccupé par le volet migration de la future stratégie, a fait observer que « l'immigration massive n'est qu'un produit d'économies en difficultés ». Le partenariat UE/Afrique doit, selon lui, passer par la délocalisation. Or, « l'Europe, quand elle délocalise, le fait en Chine », a-t-il noté. Le représentant du Ghana a estimé que si l'UE souhaite aider l'Afrique, elle doit se préoccuper du problème de la fuite des cerveaux africains dans le secteur de la santé. (A.N)

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