Bruxelles, 14/11/2007 (Agence Europe) - Un accord de paix israélo-palestinien est « faisable » dans les neuf mois, a déclaré Javier Solana dans une interview accordée à Reuters mardi 13 novembre à Jéricho. Le Haut représentant de l'UE pour la PESC estime toutefois que cela ne sera « pas facile », alors que les tensions entre les négociateurs des deux camps vont en s'accroissant à l'approche de la conférence internationale sur la création d'un Etat palestinien qui se tiendra la dernière semaine de novembre à Annapolis (Maryland, Etats-Unis) à l'initiative de l'administration Bush.
« Ce que nous avons à présent à l'esprit, c'est de boucler l'accord (israélo-palestinien) après Annapolis dans un délai, disons, de huit ou neuf mois, période durant laquelle l'actuelle administration américaine demeurera au pouvoir », a déclaré M. Solana à Reuters. « C'est faisable. Cela requiert de la volonté politique, cela requiert des efforts, ce n'est pas facile, mais c'est faisable », a-t-il ajouté.
Le Haut représentant reconnaît que les tensions sont croissantes entre les négociateurs israéliens et palestiniens qui tentent de mettre au point un projet de déclaration commune. Il s'agit d'élaborer un texte abordant en termes généraux les questions cruciales liées à un règlement définitif des relations entre Israël et l'entité palestinienne (délimitation des frontières, statut de Jérusalem et sort des réfugiés palestiniens), texte qui servirait de point de départ aux négociations sur la création d'un Etat palestinien prévues après Annapolis. « Nous sommes à un moment très important », a souligné M. Solana. « A mesure que nous approchons du début de ce processus, il va y avoir des tensions. Mais je suis certain qu'elles seront surmontées. »
M. Solana estime par ailleurs que la question du Golan, territoire conquis en 1967 par Israël lors de la Guerre des six jours et que revendique la Syrie, devra être intégrée à l'ordre du jour à Annapolis. Damas en a fait un préalable à son éventuelle participation à la conférence. « Nous devons nous concentrer maintenant sur le dossier qui bouge, c'est-à-dire le dossier palestinien, sans oublier pour autant que la paix ne pourra être obtenue tant que tous les dossiers n'auront pas été mis en mouvement, ce qui inclut, naturellement, les dossiers syrien et libanais », a encore indiqué le Haut représentant qui espère que la conférence d'Annapolis produira une déclaration allant dans « cette direction ». (F.B.).