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Bulletin Quotidien Europe N° 9543
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/recherche

Les chercheurs de l'UE sont généralement mal payés - La Commission planche sur les moyens d'accroître leur mobilité

Bruxelles, 14/11/2007 (Agence Europe) - Une étude sur les salaires des chercheurs effectuée pour la Commission européenne et rendue publique le 13 novembre révèle que le salaire moyen des chercheurs de l'UE est inférieur de près de 23 000 euros à celui des chercheurs aux Etats-Unis ; plus surprenant, le salaire moyen du chercheur européen est également inférieur au salaire moyen des chercheurs en Australie, en Inde et au Japon. L'étude relève par ailleurs de fortes disparités au sein même de l'espace européen de la recherche (de 9 800 euros en Bulgarie à 46 500 euros en Suisse) ainsi qu'entre les hommes et les femmes, la différence pouvant atteindre 35 % dans certains pays. La manière de valoriser l'expérience et le niveau des rémunérations en début de carrière présentent également de nettes différences dans l'UE: un chercheur britannique peut espérer une progression salariale importante au cours de sa carrière (jusqu'à 335 %), tandis qu'un chercheur danois ne verra sa rémunération augmenter que de 90 %.

«Si nous voulons que l'Europe soit en mesure de relever les défis de demain, il faut que les connaissances puissent circuler librement pour être valorisées d'une manière optimale, et cela comprend les chercheurs eux-mêmes», déclare Janez Potoènik dans un communiqué. Le commissaire européen chargé des sciences et de la recherche estime que «les énormes écarts salariaux à l'intérieur de l'UE constituent sans conteste une entrave à la libre circulation et contribuent également à pousser nos meilleurs éléments à chercher de meilleures conditions ailleurs dans le monde ». Et il conclut: « bien qu'il ne soit pas simple d'isoler tous les facteurs qui expliquent ces différences, il me semble que, dans certains États membres, il conviendrait d'accorder plus d'attention à la valeur que la société attribue à ces personnes, qui effectuent des tâches capitales pour notre avenir».

La porte-parole de M. Potoènik a par ailleurs indiqué à la presse, mardi, que la Commission était préoccupée par le peu de mobilité des chercheurs au sein de l'UE elle-même. « Les flux de chercheurs ne dépassent pas 3% », a-t-elle indiqué, précisant que la Commission ferait des propositions en 2008 en vue de remédier à cette situation. Antonia Mochan a expliqué qu'il était impossible pour l'Union d'agir sur les salaires, « qui sont déterminés par les marchés », mais que des solutions pourraient être trouvées du côté du Fonds de cohésion ou du programme-cadre en matière de recherche. Elle a ajouté que la Commission étudiait aussi la manière de « faire venir les chercheurs (des pays tiers) dans l'UE ».

L'enquête en ligne sur «les rémunérations des chercheurs dans le secteur public et le secteur commercial privé» catalogue comme chercheur toute personne consacrant au moins 50 % de son temps à des activités de recherche. Près de 10 000 réponses ont été recueillies, émanant de chercheurs à différentes étapes de leur carrière, dans le secteur public et le secteur commercial privé, dans l'UE à 25 et les pays associés. Les informations communiquées concernaient le salaire net (salaire «poche») et le salaire brut (salaire net majoré des charges sociales du salarié et de l'employeur). Les données ont été validées, analysées et les résultats ont été comparés avec ceux de deux groupes différents: les autres professions en Europe et les chercheurs d'Australie, de Chine, d'Inde, du Japon et des États-Unis.

Sans surprise, l'analyse révèle d'importantes variations selon les pays. Environ la moitié des pays affichent une rémunération nette moyenne de l'ordre de 20 000 à 30 000 euros (pondérée en fonction du pouvoir d'achat).

La différence entre la rémunération des chercheurs selon qu'il s'agit d'une femme ou d'un homme est importante dans la plupart des pays européens. Si elle est particulièrement marquée (plus de 35 %) en Estonie, en République tchèque, en Israël et au Portugal, elle l'est nettement moins (moins de 15 %) en Bulgarie, au Danemark, en Grèce, en Islande, à Malte et en Norvège.

En situant l'UE sur une échelle mondiale, on observe à quel point ses chercheurs sont relativement mal rémunérés. En 2006, le salaire brut moyen des chercheurs dans l'UE à 25 était inférieur de près de 23 000 euros à celui des chercheurs travaillant aux Etats-Unis: environ 40 000 euros, contre 63 000 euros. Seuls l'Autriche, les Pays-Bas et le Luxembourg offrent des salaires comparables à ceux des États-Unis, au même titre qu'Israël et la Suisse. L'Australie, l'Inde et le Japon affichent tous une rémunération moyenne supérieure à celle de l'UE à 25, tandis que, parmi les pays utilisés pour établir la comparaison, seule la Chine se situe au dessous de la moyenne de l'UE.

Le rapport peut être consulté dans son intégralité sur le site http: //ec.europa.eu/eracareers/pdf/final_report.pdf . (O.L.)

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