login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9528
Sommaire Publication complète Par article 21 / 41
INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/sante

Mieux lutter contre l'obésité sans stigmatiser les malades

Bruxelles, 22/10/2007 (Agence Europe) - Marraine de l'association belge des patients obèses BOLD, la libérale belge Frédérique Ries a accueilli au Parlement européen, jeudi 18 octobre, un symposium sur l'obésité. Auteur en 2006 d'un rapport sur ce problème grave de santé publique, elle a rappelé que 38% des femmes, 27% des hommes et 5 millions d'enfants sont concernés par l'obésité en Europe. 7% des budgets nationaux de santé en Europe sont consacrés à la lutte contre l'obésité et ses conséquences: maladies cardiaques, hypertension, diabète gras…

Lors d'une session consacrée aux traitements, présidée par le démocrate-chrétien grec Antonios Trakatellis, le chef du département Médecine et nutrition à l'hôpital de la Pitié Salpétrière à Paris, Arnaud Basdevant, a rappelé que ce n'est qu'en 1997 que l'OMS a reconnu l'obésité comme une maladie. Auparavant, elle était considéré seulement comme un facteur de risque. Il a appelé à "lutter contre l'obésité, pas contre les obèses", en expliquant qu'il s'agit d'une maladie initiée par des comportements et l'environnement qui devient une maladie organique, avec l'altération des tissus adipeux qui rend son traitement de plus en plus difficile. Ses conséquences sont lourdes: un enfant sur trois aux Etats-Unis sera diabétique à cause de son obésité ; s'y ajoutent les maladies cardiovasculaires et les maladies inflammatoires (atteinte hépatique, asthme, cancer). De plus en plus d'enfants de 16 ans obèses, présentant un diabète, une hypertension et/ou une hypertrophie cardiaque arrivent dans le service du professeur Basdevant. C'est aussi "une maladie à forte détermination psychologique et sociale", avec un risque élevé de stigmatisation et de discrimination. S'il est justifié de parler activité physique et alimentation, il y a beaucoup d'autres facteurs qui conduisent à la surcharge pondérale et à l'obésité, souligne Arnaud Basdevant. Le lien avec la pauvreté est évident: en France, le taux d'obésité est de l'ordre de 4 à 5% dans les foyers qui ont un niveau de revenu supérieur à 5000 euros ; il est passé de 12% en 1997 à 18% aujourd'hui dans les foyers qui disposent de moins de 900 euros. Et de souligner la nécessité de centres d'excellence au niveau européen pour assurer la prise en charge des obèses. En répondant au professeur Trakatellis, il a rappelé que cette maladie frappe tous les pays en transition économique, comme la Chine par exemple, et qu'il s'agit d'une maladie des populations vulnérables, comme celles issues de l'immigration dans les pays développés. Des médicaments permettent de réduire le poids d'environ 10%, mais ils sont très chers et ne sont pas remboursés. La chirurgie est aussi efficace. En France, 120 000 personnes ont été opérées pour des formes en fin d'évolution.

Jean-Paul Allonsius, président de BOLD, a lancé un vibrant appel à lutter contre la stigmatisation. Soulignant que la solution est pluridisciplinaire et que son coût est prohibitif, il a demandé aux gouvernements de garantir son remboursement pour permettre aux patients de se soigner. Liselotte Kuehn (Karolinska Institute) a souligné l'importance du travail psychologique. Cette ancienne malade a expliqué comment le regard de ses enfants l'a aidé à combattre sa propre surcharge pondérale. "Le traitement passe par le patient: c'est lui qui a la solution", a-t-elle dit, en insistant sur le soutien qui doit lui être apporté dans cette démarche. Michele O Carruba (centre pour l'étude et la recherche sur l'obésité de l'Université de Milan) a souligné que le coût annuel de l'obésité s'élève à 22,8 milliards d'euros en Italie. Il a proposé une méthode simple pour définir l'obésité: elle est atteinte lorsque le tour de taille excède 102 cm chez les hommes et 88 cm chez les femmes. Il ne faut pas attendre ce stade, mais s'attaquer beaucoup plus tôt à la surcharge pondérale, a-t-il conclu. (O.J.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE