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Bulletin Quotidien Europe N° 9473
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/relations exterieures

Tchad, Proche-Orient et Kosovo domineront la réunion des Vingt-sept marquée par l'ouverture formelle de la CIG

Bruxelles, 20/07/2007 (Agence Europe) - Le Conseil Affaires générales et Relations extérieures coïncidera le 23 juillet avec le lancement, en fin de matinée, de la Conférence intergouvernementale (CIG) chargée de mettre au point le futur traité. La Présidence portugaise distribuera lundi aux ministres des Affaires étrangères un premier projet de texte, mais n'a pas l'intention de procéder à un véritable échange de vues. C'est aux experts juridiques (deux par délégation) qu'il reviendra, mardi et mercredi, de plancher sur cette première ébauche. Ces mêmes experts se retrouveront ensuite régulièrement à partir de la dernière semaine du mois d'août pour revoir le texte plus en détail avant une discussion lors de la réunion informelle dite « Gymnich » des 7 et 8 septembre à Viana do Castelo au Portugal, où les ministres aborderont les points plus difficiles. Vendredi la Présidence portugaise a assuré que l'ensemble des délégations s'en tiendrait au mandat adopté par le Conseil européen, y compris la Pologne. Des contacts ont eu lieu, notamment entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays mais « nous n'avons pas reçu d'indications de la Pologne ou d'un autre pays quel qu'il soit qui souhaiterait revenir sur le mandat », a déclaré devant la presse un diplomate portugais. Au plan technique, il a précisé que les sherpas désignés par les Etats membres n'interviendraient que « si on a des problèmes qui ne sont pas strictement juridiques ». Ce niveau « politico diplomatique » sera donc uniquement mobilisé « au cas où », a-t-il insisté.

Dimanche soir, à la veille de la réunion des ministres des Affaires étrangères, leurs homologues chargés du Commerce se retrouveront, en compagnie du commissaire européen au Commerce Peter Mandelson, pour un dîner informel essentiellement consacré aux négociations de Doha, l'objectif pour les Vingt-sept étant d'accorder leurs violons avant que la Commission ne remette, lundi à Genève, une première réaction de l'UE au projet de compromis Falconer/Stephenson sur les modalités de libéralisation des échanges en agriculture et sur les produits industriels (EUROPE n° 9470 et 9471). L'autre dossier phare sera celui des textiles: les ministres auront une discussion avec M. Mandelson sur la question de la prolongation ou non du système de quotas temporaires contre les importations de textiles chinois (EUROPE n° 9472).

Lundi, le Conseil débutera par une présentation par la Commissaire chargée de la politique régionale, Danuta Hübner, du quatrième rapport sur la cohésion économique et sociale, qui se penche sur les principaux défis auxquels seront confrontées les régions européennes d'ici 2013 (EUROPE n° 9472).

Dans des conclusions consacrées à la situation au Soudan/Darfour, les ministres devraient ensuite décider d'engager la planification de l'opération de l'UE pour la sécurisation des camps de réfugiés au Tchad et dans le nord-est de la République centrafricaine, dans la région de Birao (EUROPE n° 9469). Cette opération PESD, dont le lancement nécessitera une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU et l'aval des pays concernés, devrait intervenir parallèlement au déploiement de la force hybride UA-ONU au Darfour au dernier trimestre de l'année. La future présence militaire de l'UE devrait durer environ un an, selon le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno. La taille du contingent européen, à forte ossature française, n'est pas encore définie. Dans l'attente du déploiement de la force hybride, le Conseil réaffirmera plus généralement son soutien à la mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS), confirmant la prolongation du soutien civil et militaire de l'UE à l'AMIS pour une période allant jusqu'à six mois.

Après la décision de commuer la condamnation à mort des infirmières et du médecin bulgares en une peine de prison à vie et en attendant leur retour sur le sol européen, les ministres se pencheront sur les relations entre l'UE et la Libye. « Oui, si ce processus se conclut de la façon que nous souhaitons, il est fort possible que nous révisions nos relations avec la Libye », a déclaré un diplomate portugais. A ce stade, des contacts existent pour envisager un rapprochement, mais tout dépendra de l'extradition des personnels médicaux incarcérés. Actuellement simples observateurs dans le cadre d'Euromed, les Libyens pourraient vouloir le rester et sembleraient plus enclins à demander une coopération bilatérale, notamment en matière d'immigration, de pêche et d'énergie.

Suite à la réunion du Quartette à Lisbonne (voir autre nouvelle ci-après), le Conseil adoptera des conclusions sur la situation au Moyen-Orient. Les ministres réaffirmeront l'urgence de relancer le processus de paix dans la région et évoqueront notamment l'organisation d'une conférence internationale prévue à l'automne. Dans d'autres conclusions concernant le Liban, le Conseil condamnera les attaques contre la force de l'ONU sur place, qui ont coûté la vie à six casques bleus espagnols de la FINUL le 24 juin dernier. Il appellera les différentes factions libanaises à poursuivre le dialogue après leur rencontre à La Celle Saint-Cloud en France les 14 et 15 juillet.

Les Vingt-sept évoqueront en outre la préparation du prochain Sommet UE-Ukraine du 14 septembre prochain à Kiev et le ministre belge des Affaires étrangères fera le point sur la situation dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Son homologue britannique éclairera pour sa part ses collègues sur la situation économique au Zimbabwe, avant de revenir au déjeuner sur les tensions actuelles avec la Russie. Les ministres n'ont pas l'intention d'aller plus loin dans la critique de Moscou, alors que la Présidence a déjà regretté dans une déclaration l'incapacité de Moscou à coopérer de manière constructive dans l'affaire Litvinenko (EUROPE n° 9472). Espérant éviter d'autres répercussions sur les relations entre l'UE et la Russie, la Présidence portugaise, qui reconnaît qu'il s'agit d'un « point négatif », note cependant « les déclarations de Londres et de Moscou essayant de limiter la portée de cette affaire ». Le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, fera aussi part aux ministres des derniers développements sur la question du nucléaire iranien, après la réunion du 23 juin à Lisbonne avec le négociateur de Téhéran, Ali Larijani.

Toujours au déjeuner, ils se pencheront sur les Balkans et tout particulièrement la question du Kosovo. Si les consultations se poursuivent à New York sur le futur statut de l'actuelle province serbe, le processus semble plus que jamais dans l'impasse au Conseil de sécurité des Nations unies. Alors que la Russie a de nouveau rejeté cette semaine un projet de résolution élaboré par les Américains et les Européens, la possibilité d'avancer en dehors du cadre onusien et d'en revenir à des discussions entre Belgrade et Pristina n'est plus totalement exclue (EUROPE n° 9470). Les ministres discuteront de la position de l'UE et prolongeront le mandat de l'équipe de planification de l'UE au Kosovo, mais ils n'adopteront pas de conclusions sur cette question. (ab/eh)

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