Bruxelles, 20/07/2007 (Agence Europe) - La question de la suppression ou non des taxes antidumping qui, depuis 2001, frappent à hauteur de 66% les importations d'ampoules chinoises à basse consommation, laisse présager une nouvelle bagarre entre les Vingt-sept mais également à la Commission alors que le Conseil doit trancher sur cette question en septembre prochain. Jeudi, le commissaire à l'Industrie Günter Verheugen a jeté un pavé dans la marre en estimant, dans des propos recueillis par Reuters, que la suppression des taxes antidumping sur les ampoules chinoises à basse consommation, souhaitée par son collègue au Commerce Peter Mandelson, « pourrait causer des pertes d'emplois en Europe ». M. Verheugen a néanmoins assuré qu'il n'avait pas encore déterminé sa position à ce sujet et qu'il ne souhaitait pas empiéter sur le territoire de M. Mandelson qui a proposé de ne pas reconduire ces taxes qui, selon ce dernier, nuisent aux fabricants européens, comme Philips, implantés en Chine. « Je comprends les arguments des producteurs en Chine et je comprends aussi les arguments des ouvriers des usines européennes qui perdront leur emploi », a souligné M. Verheugen, en référence au principal producteur d'ampoules à basse consommation en Europe, Osram, firme appartenant au groupe Siemens, qui souhaite que les taxes soient reconduites pour cinq ans. « Quel est l'intérêt de l'UE ici ? Est-ce de sauver les emplois de la seule entreprise à être restée en Europe à produire ces appareils ? Ou est-ce de favoriser les importations bon marché en provenance de Chine ? », a ajouté le commissaire à l'Industrie. Le dossier sera examiné le 26 juillet prochain par les experts commerciaux du Comité 133. M. Verheugen a annoncé que la Commission proposerait une solution une fois qu'elle aura entendu le point de vue des Etats membres. « Nous avons tous les deux [Peter Mandelson et lui, NDLR] identifié l'extrême sensibilité politique de cette question et nous devons la traiter avec la plus grande précaution », a assuré M. Verheugen à Reuters. Le dossier est d'autant plus sensible que, outre les simples considérations commerciales qui risquent de nouveau de diviser les Vingt-sept entre Etats membres libre-échangistes et Etats membres plus soucieux de protéger leurs producteurs un an après la bataille qui les a opposés sur les chaussures chinoises, il surgit à un moment crucial où l'Union poursuit une politique ambitieuse de réduction de la consommation énergétique pour lutter contre le réchauffement climatique. (eh)