Bruxelles, 20/07/2007 (Agence Europe) - Les pistes de réflexion dégagées par la Commission européenne dans sa communication sur la lutte contre les risques de pénurie d'eau et de sécheresses dans l'UE (EUROPE n° 9471) ont reçu un accueil mitigé des ONG environnementales. Le principal reproche qu'elles adressent à la Commission est de ne pas s'attaquer comme il faudrait à l'utilisation de l'eau en agriculture, secteur qui est pourtant « un contributeur majeur au problème ».
Dans un communiqué conjoint publié le 18 juillet, le Bureau européen de l'environnement (BEE) et le WWF rappellent que l'agriculture est l'un des utilisateurs comptant parmi les plus gros consommateurs d'eau, puisqu'elle est responsable de 44% de toute l'eau extraite en Europe et de plus de 67% des ressources hydriques exploitées en Europe du Sud. Et la réalité des faits est souvent pire puisque l'extraction illégale et non mesurée est monnaie courante.
Or, soulignent les ONG, les utilisateurs d'eau à des fins agricoles ont rarement à supporter le coût total de cette ressource. Diverses subventions donnent aux agriculteurs l'avantage sur l'industrie consommatrice d'eau et les ménages, et il n'existe aujourd'hui aucun incitant pour encourager les agriculteurs à une utilisation efficace de l'eau. « La Commission a raison de prôner la tarification de l'eau au juste prix, mais elle ne s'interroge pas sur l'opportunité de poursuivre les cultures grosses consommatrices d'eau là où l'eau se fait de plus en plus rare. Ce qu'il faudrait vraiment, c'est une gestion de l'eau radicalement différente. Si la directive cadre était rigoureusement mise en œuvre, nous y parviendrions », estime Pieter de Pous, du BEE.
Les ONG se félicitent en revanche que la Commission européenne fasse du recours à des sources d'approvisionnement supplémentaires une solution de la dernière chance.
« Nous soutenons pleinement la hiérarchie des mesures suggérées par la Commission, à savoir se pencher sur la gestion de la demande avant d'opter pour des infrastructures supplémentaires d'approvisionnement en eau », déclare Servey Moroz du WWF. Selon lui, « la construction de réservoirs, les installations de désalinisation et les transferts de bassins hydrographiques ne devraient même pas figurer à l'ordre du jour tant qu'il ne sera pas prouvé que des mesures alternatives ont été explorées ». Cet expert est en effet convaincu que discuter de mesures portant sur l'offre en eau détourne l'attention de solutions de rechange meilleur marché et plus respectueuses de l'environnement - solutions largement disponibles, telles que la conservation de l'eau, l'accroissement de l'efficacité de l'utilisation ou le recyclage de l'eau. (an)