Bruxelles, 17/07/2007 (Agence Europe) - Face à la menace de veto russe sur la question du statut du Kosovo, « le moment est venu pour quelques Etats membres d'afficher leur leadership », a jugé mardi Alain Délétroz, vice- président de l'International Crisis Group, lors d'une rencontre avec la presse. Selon lui la Présidence portugaise devrait travailler avec les pays européens du groupe de contact (Royaume-Uni, France, Allemagne et Italie) et faire pression sur Moscou, qui a par ailleurs rejeté lundi un nouveau projet de résolution sur le Kosovo débattu à l'ONU. Si le texte élaboré par les Américains et les Européens prévoit de nouvelles négociations entre Belgrade et Pristina pendant 120 jours et n'évoque plus une transition automatique vers l'indépendance supervisée, il reste toujours « imprégné du concept d'indépendance du Kosovo », a en effet souligné l'ambassadeur russe auprès des Nations Unies. Or « il est temps de montrer à Moscou qu'on peut être dur aussi » en lui signifiant qu'en cas de blocage continu « il y aura une reconnaissance unilatérale du Kosovo par ces pays » du groupe de contact, à laquelle les autres Etats membres de l'UE pourront ensuite aussi se joindre, a expliqué M. Délétroz. Alors que les Etats-Unis ont déjà laissé entendre qu'ils pourraient avancer vers l'indépendance du Kosovo par voie unilatérale, l'UE, prise en otage par les positions de Washington et Moscou, continue jusqu'à présent de se prononcer pour une résolution dans le cadre du Conseil de sécurité de l'ONU. En présentant à la presse fin juin le programme de la Présidence portugaise, le Premier ministre José Socrates avait, d'une manière générale, plaidé en faveur d'un apaisement des relations avec Moscou et clairement rejeté l'hypothèse de se montrer plus musclé.
Avant de s'envoler pour le Proche-Orient, le Haut représentant de l'UE pour la PESC a souligné qu'il n'est plus possible de rechercher indéfiniment un accord sur une résolution concernant le statut du Kosovo au Conseil de sécurité des Nations unies. S'il n'y a pas d'accord aux Nations unies, il va falloir avancer, réunir les parties pour qu'elles négocient dans le délai de 120 jours qui est prévu dans la résolution, a expliqué Javier Solana en évoquant des navettes entre les deux parties pour trouver une solution. Interrogé sur la possibilité que Martti Ahtisaari conserve un rôle de négociateur dans ce processus, il a répondu: « Je ne peux pas répondre formellement, mais je pense que cela se fera certainement sous l'égide du groupe de contact ». (ab/oj)