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Bulletin Quotidien Europe N° 9470
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/commerce

L'industrie européenne et ACP du thon en conserve mise en péril dans le cadre du volet NAMA des négociations de Doha

Bruxelles, 17/07/2007 (Agence Europe) - Invité à s'exprimer mardi devant la commission Commerce international du Parlement européen, Juan Vieites Baptista de Sousa, président de l'association Eurothon, organisme qui défend les intérêts de l'industrie du thon en Europe, Afrique et Amérique latine, a mis en garde mardi contre les « effets désastreux » pour l'industrie européenne et ACP du thon en conserve d'une possible réduction, dans le cadre des négociations de Doha, des tarifs douaniers imposés aux importations de ces produits en provenance de pays tiers autres qu'ACP, en particulier des pays du sud-est asiatique. Explications.

Le marché européen du thon en conserve est alimenté à plus de 50% par les producteurs européens, qu'ils soient par ordre d'importance, espagnols, italiens, portugais, français et britanniques. Pour le reste, l'Union fait appel aux importations en provenance, à hauteur de deux tiers, de 14 pays ACP, latino et centre américains bénéficiant, sous le système de préférences généralisées de l'Union « SPG+ », d'un droit d'entrée nul pour leurs produits sur le marché communautaire. Le tiers des importations restant se compose de produits en provenance de pays d'Asie du Sud-Est, en particulier d'Indonésie, des Philippines et de Thaïlande, qui sont soumis à l'entrée du marché communautaire à un tarif à l'importation s'élevant à 24%.

Or, dans le cadre des négociations multilatérales du round de Doha, le thon en conserve est traité sous le volet des produits manufacturés, plus connu sous l'appellation « accès au marché non agricole » ou NAMA. Dans ce contexte, un accord sur les tarifs industriels, qui repose sur une « formule suisse » très complexe dotée de deux coefficients de réduction tarifaire distincts applicables d'une part aux pays développés et aux pays en développement, entraînerait de facto une réduction du tarif pratiqué par l'Union sur les importations de thon en conserve en provenance des pays tiers autres qu'ACP. Selon Eurothon, l'application de la « formule suisse » dotée d'un coefficient de 10 pour les pays riches, dont l'Union, se traduira par une réduction du tarif de 24% applicable aux importations en provenance des pays asiatiques ne bénéficiant pas du « SPG+ » à une fourchette variant entre 7 et 9%. Avec pour conséquence quasi mécanique et dans de très brefs délais une augmentation des importations en provenance des pays d'Asie du Sud-Est qui, à la fois, rogneraient sur les parts de marché des ACP et des producteurs européens.

« Si le tarif communautaire est réduit, producteurs ACP et latino-américains bénéficiant du « SGP+ » ne seront pas capables de faire face à la concurrence de ces pays qui bénéficient de faibles coûts de main-d'œuvre, d'un accès meilleur marché aux matières premières et aux transports maritimes. Cette érosion des préférences aurait un effet désastreux pour les économies de certains pays qui sont parmi les plus pauvres du monde, au seul bénéfice des pays asiatiques qui deviendraient la plateforme mondiale du thon en boîte », souligne M. Vietes dans un communiqué. Devant la commission Commerce international du PE, le président d'Eurothon a également pointé du doigt les performances douteuses des pays asiatiques en termes d'exigences sanitaires et de pêche illégale. L'industrie thonière européenne ne serait pas non plus épargnée. Au total, une réduction tarifaire applicable aux importations de thon en conserve dans l'Union sous le « régime Doha » pourrait mettre en péril l'équilibre d'une activité socio-économique à la fois importante et vulnérable, reposant sur 75 000 emplois directs et plus de 500 000 individus impliqués directement ou indirectement en Europe, en Afrique et en Amérique latine.

Tout en soulignant un risque similaire dans le cadre des négociations en cours pour un accord bilatéral de libre-échange UE/ASEAN, Eurothon appelle donc l'Union à éviter un démantèlement tarifaire, aussi bien au plan multilatéral que bilatéral, qui donnerait inexorablement un avantage aux pays du Sud-Est asiatique au préjudice des producteurs européens et ACP. L'unique solution envisagée par Eurothon est donc l'exclusion pure et simple du thon en conserve du volet NAMA des pourparlers de Doha et le maintien d'un droit de douane de 24% frappant les importations en provenance des pays tiers autres qu'ACP et latino-américains. « Les produits de la pêche devraient être traités comme des produits sensibles. Il serait plus logique de faire un parallèle avec les négociations agricoles », a insisté M. Vieites devant les députés européens.

Après un courrier adressé le 15 juin à Peter Mandelson, Eurothon n'a pas encore eu l'opportunité de présenter ses doléances à un commissaire au Commerce très sollicité. L'association ne désespère toutefois pas de rencontrer le pilote de la politique commerciale de l'Union à l'automne. En revanche, au grand regret des membres de la commission Commerce international et de son président allemand Helmuth Markov (GUE), aucun expert de la Commission européenne n'était en mesure de répondre à leurs préoccupations. (eh)

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