Bruxelles, 11/05/2007 (Agence Europe) - Les deux prétendants à la monnaie unique devraient voir les portes de la zone euro s'entrouvrir, lorsque la Commission et la Banque centrale européenne (BCE) publieront mercredi 16 mai leur évaluation sur le respect des critères de convergence. Selon Reuters, la Commission s'apprête à reconnaître que « Chypre remplit les conditions nécessaires à l'adoption de la monnaie unique » et à faire de même pour Malte, les autorisant à rejoindre la zone euro au premier janvier 2008. Les prévisions économiques de printemps de la Commission estiment en effet que Chypre présentera un déficit de 1,5% du PIB en 2006 et de 1,4% en 2007 (contre 2,3% en 2005). Malte, qui dépassait encore la valeur de référence de 3% en 2005, se situe à 2,6% pour 2006 et à 2,1% cette année et devrait ainsi sortir mercredi de la procédure pour déficit excessif lancée à son encontre. Dans les deux pays, la dette dépasse encore le plafond de 60% (avec respectivement 61,5% et 65,9% en 2007) mais la tendance est à la baisse (à Chypre la dette était de 69,2% du PIB en 2005 et de 65,3% en 2006 et à Malte elle était de 72,4% en 2005 et de 66,5% en 2006). Ayant rejoint le mécanisme de change du système monétaire européen (MCE II) le 2 mai 2005 (EUROPE n° 8940), Chypre et Malte ont aussi participé pendant la durée requise de deux ans à ce système qui est censé garantir la stabilité des taux de change. Ils ont aussi éliminé toutes les incompatibilités subsistantes dans leur législation, pour assurer notamment l'indépendance de la Banque centrale nationale. Enfin, l'analyse de la Commission devrait aussi montrer que les deux candidats respectent le critère d'inflation et celui du taux d'intérêt. Le Conseil Ecofin pourra ensuite se saisir de la question (en juin), avant que les chefs d'Etat ou de gouvernement donnent leur aval lors du Conseil européen des 21 et 22 juin. Une décision finale des ministres des Finances des Vingt-sept (en juillet) autoriserait alors, d'une part, l'entrée de Chypre et Malte dans la zone euro et établirait, d'autre part, le taux de conversion fixe et irrévocable entre la monnaie nationale et l'euro. Il ne restera ensuite aux deux pays qu'à assurer le basculement vers la monnaie commune du point de vue pratique. (ab)