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Bulletin Quotidien Europe N° 9420
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/onu/climat

Atténuer le changement climatique global est possible et réalisable à un faible coût affirme le rapport du GIEC - Il n'y a plus d'excuse à l'attentisme, martèle le Commissaire Dimas

Bruxelles, 04/05/2007 (Agence Europe) - A scénario inchangé, le changement climatique atteindra des proportions dramatiques à l'horizon 2050, mais pour empêcher le scénario catastrophe et réussir le pari de contenir le réchauffement planétaire à 2° C au dessus du niveau préindustriel, des solutions technologiques existent. Il suffit de les déployer, et leur mise en œuvre ne ruinera pas la communauté internationale, loin s'en faut. La balle est donc dans le camp des décideurs politiques. Voici vulgarisées les conclusions rendues le 3 mai, à Bangkok, par les scientifiques du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Après le rapport publié à Paris en février (sur l'état des connaissances scientifiques), celui publié à Bruxelles en avril (sur l'impact du changement climatique et l'adaptation à ce phénomène), ce rapport intitulé « l'atténuation du changement climatique » est la troisième et dernière contribution à l'élaboration du quatrième rapport du GIEC qui sera prochainement finalisé. Centré sur les remèdes technologiques à un mal jugé maîtrisable, il s'adresse aux décideurs politiques.

Sitôt connue la teneur de ce rapport, Stavros Dimas, Commissaire européen à l'environnement, a appelé tous les pays développés et les pays émergents à forte croissance économique à s'engager d'urgence à réduire substantiellement leurs émissions de gaz à effet de serre. « Ce rapport important du GIEC confirme que des réductions globales significatives sont primordiales et urgentes. Il reconnaît que les technologies et les politiques existent pour réaliser ces réductions, il n'y a plus d'excuse pour attendre. Ses conclusions confortent le point de vue de l'UE que les pays développés doivent réduire leurs émissions de 30% d'ici à 2020 par rapport à 1990 et que les émissions globales doivent êtes réduites de moitié d'ici à 2050 (….) Il est temps maintenant que le reste de la communauté internationale nous emboîte le pas et s'engage sur des objectifs de réduction ambitieux. Les négociations visant un accord international sur un nouveau régime global de lutte contre le changement climatique doivent être lancées à la prochaine conférence ministérielle des Nations Unies en décembre » (à Bali: NDLR), déclare le Commissaire dans un communiqué.

Du rapport du GIEC, il ressort principalement que:

Si l'on n'agit pas, les émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial dépasseront de 25% à 90 % les niveaux actuels à l'horizon 2030, avec le plus fort taux de croissance dans le secteur des transports. Deux tiers ou plus de l'accroissement des émissions proviendront des pays en développement, mais le niveau d'émissions par tête d'habitant en 2030 sera significativement plus élevé dans les pays développés que dans les pays en développement.

Limiter le réchauffement global à 2 degrés Celsius au-dessus des niveaux atteints à l'ère préindustrielle exigera une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50% à 85% par rapport aux niveaux actuels.

Parvenir à des scénarios d'émissions aussi faibles est possible à un coût inférieur à 3% du PIB mondial à l'horizon 2030, soit une petite partie seulement de ce que sera la croissance mondiale durant cette période.

Réduire les émissions de gaz à effet de serre aura pour effet de réduire la pollution de l'air et les coûts sanitaires associés, améliorera la sécurité énergétique et accroîtra l'emploi. Les bénéfices à court terme d'une réduction de la pollution atmosphérique peuvent compenser une partie significative du coût de l'atténuation des émissions de gaz à effet de serre.

Les technologies et le potentiel de réduction des émissions existent dans la plupart des secteurs de provenance des émissions (fourniture d'énergie, transport, bâtiments, industrie, agriculture, foresterie et déchets, tant dans les pays développés que dans les pays en développement).

Des objectifs à long terme pour la stabilisation de la température globale peuvent être atteints si l'on utilise la palette des technologies disponibles sur le marché, et les technologies en cours de mise au point. Ce qu'il faut, ce sont des incitants en nombre suffisant pour développer et assurer le déploiement de ces technologies. Fixer le prix du carbone est l'un de ces incitants qui peut être mis en œuvre par des taxes, des prélèvements et des systèmes de permis négociables sur le marché.

Les énergies solaire et éolienne, l'énergie nucléaire, des éclairages plus économes, les technologies de piégeage du carbone rejeté par les centrales à charbon, les plates-formes pétrolières ou gazières, et le changement de mode de vie figurent au nombre des remèdes identifiés.

Le groupe des Verts/ALE au Parlement européen, déçu que la réticence de certains gouvernements - Chine et Etats-Unis - à accepter les recommandations scientifiques ait conduit le GIEC à « un rapport consensuel malheureusement très conservateur, en particulier pour ce qui concerne le niveau de stabilisation des émissions requis pour éviter un changement climatique dangereux », invite l'UE à garder le cap. Les Verts/ALE se réjouissent que soient proposées des solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et que le GIEC « reconnaisse que l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables sont le mesures les plus importantes pour mettre le changement climatique sous contrôle ». Mais ils déplorent que le nucléaire soit également cité, « sans prise en compte de ses conséquences potentielles sur l'environnement ». (an)

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