Bruxelles, 19/04/2007 (Agence Europe) - Pas moins de 157 amendements ont été déposés en vue de la première lecture du Parlement européen sur la proposition de règlement relative à la procédure centralisée d'autorisation de mise sur le marché des médicaments issus de l'ingénierie cellulaire et tissulaire. La bataille s'annonce rude, la semaine prochaine à Strasbourg, entre partisans d'un mécanisme européen de contrôle de la qualité et de la sécurité des produits au bénéfice des patients dans toute l'Union et ceux qui sont prêts à torpiller cette réglementation à seule fin de faire barrage au développement de traitements qui font appel, même de manière très indirecte, à des cellules souches d'origine embryonnaire humaine.
Pour faire pièce à la position du rapporteur, le démocrate-chrétien slovaque Miroslav Mikolasik (qui avait, en septembre 2006, élaboré un rapport en y introduisant des considérations éthiques qui avaient conduit à son rejet en commission parlementaire, puis interrompu des négociations avec le Conseil qui étaient sur le point d'aboutir à un accord), la sociale-démocrate allemande Dagmar Roth-Behrendt, la libérale belge Frédérique Ries et l'élu chypriote de la Gauche unitaire européenne, Adamos Adamou, ont déposé mercredi un paquet de 75 amendements qui permettraient au Parlement de rétablir le résultat provisoire des négociations avec le Conseil et la Commission. Ce « contre-rapport » a immédiatement fait réagir Miroslav Mikolasik qui menace désormais de demander le renvoi en commission, ce qui aurait pour effet de relancer une nouvelle fois la procédure.
Mais M. Mikolasik compte des adversaires jusque dans son propre groupe. Face à sa stratégie d'obstruction, l'élue française de l'UMP, Françoise Grossetête, a cosigné, avec Mmes Roth-Behrendt et Ries et M. Adamou, une lettre appelant au rejet des amendements éthiques qui sont contenus dans le rapport Mikolasik sans avoir été soumis au vote de la commission compétente et à approuver le paquet d'amendements qui préfigure un accord rapide avec le Conseil sur ce dossier essentiel pour les patients (EUROPE n°9409). Avant d'arriver en plénière (la discussion aura lieu lundi soir et le vote mercredi), la bataille a déjà commencé au sein du groupe PPE-DE qui devra décider, mardi, s'il accepte, comme le lui demande Miroslav Mikolasik, de donner à ses membres la consigne de voter pour les amendements éthiques ou s'il préfère renvoyer le docteur Mikolasik à ses chimères. (oj)