Bruxelles, 19/04/2007 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE se réuniront le lundi 23 avril à Luxembourg pour un Conseil « Affaires générales et Relations extérieures » dominé par les questions de politique internationale. La question des Balkans ne sera pas abordée lundi, aucun progrès n'ayant été enregistré depuis la réunion informelle de Brême (EUROPE n° 9399), ni du point de vue de la constitution d'un nouveau gouvernement en Serbie, ni sur le dossier du Kosovo, actuellement entre les mains du Conseil de sécurité des Nations Unies. De même, le projet américain d'installer un système de défense antimissile sur le sol européen ne figure à l'ordre du jour ni du Conseil ni de la Troïka ministérielle avec la Russie qui aura lieu lundi soir et dont l'agenda, qui couvrira les quatre espaces communs, reste ouvert (voir autre nouvelle). Le lendemain, mardi 24 avril, auront lieu deux Conseils d'association, l'un avec l'Algérie (voir autre nouvelle) et l'autre avec le Liban, ainsi qu'une Troïka ministérielle entre l'UE et la Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), organisation qui regroupe seize pays de la région.
A la demande de la France, et malgré le peu de progrès des négociations à l'Organisation mondiale du Commerce, le Commissaire au commerce, Peter Mandelson, informera le Conseil du résultat de la réunion du G4 à New Delhi (EUROPE n° 9406) et de l'avancement du processus multilatéral à Genève (EUROPE n° 9408). Avant la réunion conjointe entre l'UE et le Conseil de coopération du Golfe, prévue le 8 mai à Riyad, M. Mandelson évoquera également l'état des négociations sur un accord de libre-échange avec le CCG, qui regroupe les Emirats Arabes Unis, Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar et l'Arabie Saoudite.
En vue du Sommet UE/Etats-Unis du 30 avril à Washington, les ministres se pencheront sur les trois volets d'un document qui sera adopté à cette occasion et dont la préparation se poursuit. « Sur certains points, les négociations sont difficiles », a reconnu mercredi un diplomate de la Présidence allemande qui travaille sur la question avec les autorités américaines. Si les discussions sur la création d'un marché unique transatlantique sans obstacles avancent « plutôt bien » et que les difficultés pourraient être résolues assez rapidement sur la déclaration politique, les questions d'énergie et d'environnement posent plus de problème. Le document qui constitue un engagement politique, ne sera pas contraignant juridiquement, a précisé ce diplomate.
L'envoyé spécial de l'ONU pour le Soudan, Jan Eliasson, fera rapport sur la situation dans le pays, où les autorités de Khartoum ont finalement marqué leur accord au lancement de la seconde phase du soutien de l'ONU (« heavy support package ») à la mission de paix de l'Union africaine (AMIS). Le projet de conclusion, défini par les ambassadeurs des Etats membres mercredi, laisse néanmoins aux ministres le choix de décider, le cas échéant, de demander de nouvelles sanctions au niveau de l'ONU. En mars (EUROPE n° 9379), les ministres s'étaient mis d'accord pour reconstituer les ressources de la Facilité de soutien à la paix pour l'Afrique grâce à des moyens financiers provenant du 9ème Fonds européen de développement (FED). Cette décision de principe nécessite l'accord des pays ACP, destinataires de ces fonds dans le cadre de leur partenariat avec l'UE. S'il faut attendre le 25 mai pour obtenir l'accord formel des partenaires ACP lors du Conseil des ministres conjoint ACP/UE, il semble que ces derniers aient l'intention d'aller dans ce sens, a expliqué un diplomate. L'UE espère, selon lui, débloquer une centaine de millions d'euros sur les quelque 215 millions nécessaires pour le fonctionnement d'AMIS jusqu'à la fin de l'année.
Dans leurs conclusions sur la Somalie, les ministres réaffirmeront leur soutien aux institutions fédérales transitoires, appelleront les autorités à réunir une conférence de réconciliation dès que possible et appuieront la mission de l'Union africaine sur place (AMISOM).
Concernant le Zimbabwe, les conclusions devraient exprimer l'inquiétude du Conseil face à la détérioration de la situation des droits de l'Homme ainsi que de la situation économique et politique. Le principe d'un allongement de la liste des personnes frappées par des mesures restrictives devraient aussi être arrêté (EUROPE n° 9409).
Le Conseil aura ensuite un débat politique sur la préparation de la stratégie de l'UE pour l'Asie centrale, qui doit être adoptée par le Conseil européen en juin. Les thèmes couverts porteront sur l'Etat de droit, la démocratisation, les droits de l'Homme, l'énergie, la formation, la coopération économique, la coopération aux frontières et la lutte contre la criminalité organisée, a notamment énuméré un diplomate. Cette approche régionale n'offrira pas de place à des discussions plus spécifiques lundi sur un pays donné de la région. Comme prévu, le Conseil évaluera en mai prochain l'opportunité de lever les sanctions actuelles à l'encontre de l'Ouzbékistan à la lumière des progrès en matière de droits de l'Homme (EUROPE n° 9379).
Au déjeuner, les ministres feront d'abord le point sur la poursuite du processus de paix au Moyen-Orient, à propos duquel ils adopteront des conclusions officialisant le résultat de leur réunion de Brême (EUROPE n° 9399). L'aide financière aux Palestiniens ne sera pas à l'ordre du jour en tant que telle. En l'absence d'une reconnaissance des principes du Quartette (reconnaissance d'Israël, renonciation à la violence et reconnaissance des accords passés) par l'ensemble du gouvernement palestinien d'union nationale, les Européens campent sur leurs positions et n'envisagent que des contacts avec les ministres n'appartenant pas au Hamas. Ils évoqueront enfin la situation en Iran et les activités de l'UE en faveur d'une initiative italienne pour un moratoire international sur la peine de mort. (ab)