Bruxelles, 19/04/2007 (Agence Europe) - La deuxième session du Conseil d'association UE-Algérie aura lieu mardi 24 avril à Luxembourg et une de ses décisions sera d'arrêter les règles de son fonctionnement. Elle permettra aussi de faire le point sur les groupes de travail thématiques créés en son sein. L'ordre du jour prévoit par ailleurs un examen des perspectives de la coopération et des échanges de vues politiques aussi bien sur la situation interne en Algérie que dans la région et dans le monde.
L'Algérie, dont l'accord d'association avec l'Union européenne est en vigueur depuis septembre 2005, demeure rétive à la politique de voisinage (PEV) et à convenir d'un « plan d'action » pour sa mise en oeuvre. Elle affirme toutefois sa volonté de s'engager pleinement dans le développement de la coopération dans le cadre classique de l'association. L'UE compte cependant souligner lundi que la PEV « fournit un nouveau et important complément au dialogue et à l'intégration régionaux » dont un des éléments essentiels est la promotion d'un dialogue politique franc auquel elle se dit « très attachée », selon la position commune des Vingt-sept préparée pour le Conseil d'association. Dans le contexte actuel, l'UE déclare « attendre avec intérêt les élections parlementaires en Algérie » en mai prochain et espère que leur déroulement et leur issue contribueront « à l'avancement d'une société pluraliste et démocratique ». Selon la presse algérienne, une sous-commission chargée de la coopération dans la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d'argent serait mise en place. L'UE serait « prête à soutenir l'Algérie pour l'achèvement de la politique de réconciliation » prônée par le président Bouteflika. L'UE attend aussi de l'Algérie des progrès sur les droits de l'homme, la situation des femmes, la liberté de la presse, l'implication de la société civile et l'essor de son système éducatif. De son côté, l'Algérie met en avant les difficultés d'obtention de visas pour les hommes d'affaires et les étudiants. Selon les médias algériens, l'UE est prête à envisager une facilitation des procédures d'obtention des visas mais souhaite en échange conclure un accord de réadmission. L'UE apprécie par ailleurs « l'importante contribution » de l'Algérie au dialogue régional euroméditerranéen et sous-régional euro-maghrébin, dans le cadre de l'UMA, et elle l'encourage à adhérer à la coopération « sud-sud » engagée par l'Accord d'Agadir auquel Alger demeure à ce jour réticent.
Globalement, l'UE se félicite qu'il ait été possible d'identifier aussi vite avec l'Algérie une « masse critique » de sujets pour l'approfondissement des relations. L'énergie y tiendrait une bonne place. En mai 2006, lors de la première session du Conseil d'association, il a été décidé de créer un groupe sur l'industrie, le commerce et les services qui s'est réuni en novembre 2006, un autre sur la justice et les affaires intérieures (convoqué deux fois en décembre et mars derniers), sur les transports, l'environnement et l'énergie (réuni en février 2007). Pour la période 2007-2010, l'UE s'est engagée à accompagner l'Algérie dans ses réformes en allouant 220 millions d'euros à trois types d'interventions prioritaires (réforme de la justice, croissance économique et emploi, et le renforcement des services publics de base). L'évolution de l'économie algérienne et le développement de son marché sont suivis avec attention à Bruxelles. L'excédent commercial y aurait atteint un record en 2006 pour des échanges qui dépendent à 97% de revenus de l'exportation d'hydrocarbures. Mais le taux de chômage reste très élevé surtout chez les jeunes.
Coopération pour assurer l'approvisionnement en énergie de l'UE. La presse algérienne s'est faite l'écho de déclarations du chef de la délégation de la Commission européenne à Alger, Wolfgang Plasa, qui a affirmé que l'UE « ne craint pas une OPEP du gaz » dont l'intention est prêtée aux pays producteurs, « le prix du gaz étant indexé à celui du pétrole ». Concernant l'approvisionnement énergétique, l'UE, avait-t-il expliqué lors d'un Forum à l'occasion du 50e anniversaire des traités de Rome, « privilégie les relations bilatérales et le dialogue entre producteurs et consommateurs ». L'UE a engagé des discussions pour un accord spécifique avec l'Algérie sur la coopération énergétique qui la mettrait à l'abri du souci majeur de sa dépendance à l'égard du gaz en provenance de Russie et du risque des aléas de l'approvisionnement. Recevant, le chef du gouvernement algérien, le 22 février 2006, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, avait souligné « l'importance stratégique que représente l'Algérie pour l'UE, notamment dans le cadre de la sécurisation des approvisionnements énergétiques » de l'UE. (fb)