Bruxelles, 18/04/2007 (Agence Europe) - Suite à la communication de la Commission européenne intitulée « Vers une stratégie européenne sur les droits de l'enfant » présentée en juillet 2006 (voir EUROPE n°9225), les commissions parlementaires concernées par le rapport ont organisé mardi 17 avril une audition conjointe, sous l'égide de la commission des libertés civiles, en présence du vice-président de la Commission européenne, Franco Frattini, de nombreux experts du Conseil de l'Europe, de l'UNICEF et d'ONG comme Save the Children, Plan Europe, Terre des Femmes ou Eurochild. Les participants ont débattu des thèmes suivants: la protection des droits des enfants, l'organisation de la participation des enfants à l'UE, le cadre juridique en matière d'enlèvements d'enfants par un parent, les violences à l'encontre des enfants, les mineurs d'âge réfugiés et demandeurs d'asile, la pauvreté des enfants et l'insertion sociale.
Après avoir rappelé qu'en Europe, 17 millions d'enfants vivaient en situation de précarité et qu'environ 15% des mineurs avaient subi des maltraitances sexuelles, Roberta Angelilli (GUE, italienne), rapporteur pour le Parlement européen sur le dossier, a proposé d'orienter son travail selon les lignes directrices suivantes: respect des enfants, promotion positive de leurs droits, participation des mineurs aux décisions qui les concernent, droit à la santé, à l'éducation et lutte contre la pauvreté. « Souvent, les droits des mineurs sont ignorés ou bien considérés comme de « série b » par rapport à ceux des adultes. Le moment est venu d'entamer une stratégie européenne: nous devons mettre au premier plan de l'agenda politique les droits des enfants », a-t-elle affirmé. « Pour parler des droits des mineurs, on ne doit pas oublier que le thème central reste celui d'une stratégie européenne pour la famille », a renchéri M. Frattini, qui a assuré de la mise en service imminente du numéro unique pour les appels d'urgence à destination des enfants. Enfin, il a annoncé la tenue d'un forum européen des droits de l'enfance, à Berlin début juin.
En conférence de presse, Antonio Lopez-Isturiz White (PPE-DE, espagnol) s'est félicité du déroulement de l'audition. L'initiative vise à établir, selon ses termes, non pas « une stratégie », mais « un programme concret pour les enfants ». Irena Belohorska (NI, slovaque) a attiré l'attention des journalistes sur la nécessité d'enregistrer les naissances. La députée souhaite voir l'Union européenne obliger les pays tiers avec lesquels elle conclut des accords commerciaux à procéder à cet enregistrement. Mme Belohorska considère cette obligation comme une étape préalable à la reconnaissance du statut de l'enfant par son Etat d'origine. Lissy Gröner (PSE, allemande) a annoncé la volonté de la commission parlementaire culture et éducation de réviser la directive, en cours d'élaboration, sur les services dans les médias. Elle appelle à une interdiction générale des vidéos et des jeux violents pour les enfants et les mineurs. « L'alcool et le tabac sont interdits aux mineurs, pourquoi les jeux vidéos violents ne le seraient-ils pas également ? » « Nous préparons l'avenir de nos enfants. Il faut leur assurer une vie pleine de droits (…), dans une Europe digne de sa culture et de son histoire », a conclu Maria Panayotopoulos-Cassiotou (PPE/DE, grecque). (gc)