Bruxelles, 18/04/2007 (Agence Europe) - A la veille de l'examen en plénière, lundi et mardi prochains à Strasbourg, du rapport du démocrate-chrétien slovaque Miroslav Mikolasik sur la proposition de règlement visant à introduire une procédure européenne centralisée pour l'autorisation de mise sur le marché des médicaments issus de l'ingénierie cellulaire et tissulaire, les organisations de patients ont signé une déclaration commune appelant les députés européens à penser aux enfants et aux adultes qui souffrent d'une maladie aujourd'hui incurable et à leurs familles. Elles attendent du Parlement européen un vote qui permette d'accélérer la procédure afin de mettre en place rapidement le système européen qui permettra de vérifier l'efficacité et l'innocuité des nouveaux médicaments de manière centralisée au niveau européen avant leur mise sur le marché dans les Etats membres.
Pour garantir l'adoption de ce règlement, déjà retardée par deux fois, ces treize associations - EURORDIS (maladies rares), EATG (sida), ECPC (cancer), IDF (diabètes), EGAN (maladies génétiques), UNAPECLE (cancer, leucémies), ICCCPO (cancers), GAMIAN (maladies mentales), EFNA (maladies neurologiques), EFA (allergies), Retina (ophtalmologie), European Patients Forum, Stepnow.org (handicapés) - espèrent que la plénière prendra une position compatible avec celle des Etats membres au sein du groupe santé du Conseil, en rejetant les deux amendements de la verte allemande Hiltrud Breyer concernant des questions éthiques. Ces amendements 3 et 17 visent à exclure du champ d'application du règlement tous les médicaments « contenant ou issus de cellules embryonnaires ou fœtales humaines, cellules germinales primitives et cellules issues de ces cellules ». Ces treize organisations qui fédèrent en réalité la quasi-totalité des associations de patients, demandent aussi aux députés de rejeter l'amendement 66 du démocrate-chrétien allemand Peter Liese qui créerait un système à double vitesse, en excluant certains produits autologues de la procédure centralisée. Pour ces organisations, les questions éthiques relèvent des Etats membres qui conserveront la faculté d'empêcher sur leur territoire l'utilisation de tel ou tel produit, comme le rappelle l'amendement 62 de la sociale-démocrate allemande Dagmar Roth-Behrendt. Les députés sont donc appelés à voter en faveur de cet amendement.
L'industrie pharmaceutique, représentée par EuropaBio, a récemment déploré l'échec des négociations informelles qui s'étaient ouvertes entre le Parlement, le Conseil et la Commission et qui auraient pu aboutir à un accord en première lecture (EUROPE n° 9399). L'industrie espère que le Parlement va maintenant permettre une adoption rapide de cette réglementation tant attendue par les patients, le monde scientifique et l'industrie.
Dans un communiqué diffusé le 17 avril, la libérale belge Frédérique Ries, porte-parole du groupe ADLE sur les questions de santé, joint sa voix à celles des patients et de l'industrie. Elle « refuse que ce projet législatif soit reporté et que les espoirs de milliers de patients soient déçus au nom de positionnements idéologiques sclérosés ». (oj)