Bruxelles, 12/04/2007 (Agence Europe) - La commission des affaires étrangères du Parlement européen a reçu, le 11 avril, la Commissaire Benita Ferrero-Waldner qui a commenté les principales priorités de la politique extérieure de l'UE et en particulier de la stratégie politique annuelle 2007 qu'elle a présentée aux eurodéputés. Dans son exposé préliminaire et dans ses réponses aux questions, Mme Ferrero-Waldner a brossé un très large tableau des actions menées dans le monde avec comme principal objectif de développer des partenariats pour la paix et la stabilisation des pays et des régions voisines, sans oublier l'Asie et l'Amérique latine et en mettant l'accent sur le besoin d'une évolution démocratique. Elle a par ailleurs réaffirmé le vœu d'une intensification des relations transatlantiques. Le Sommet UE/Etats-Unis du 30 avril prochain devrait, selon elle, aussi être l'occasion d'aborder la question du changement climatique. La politique européenne de voisinage (PEV) a été présentée par la Commissaire comme étant le champ d'action « prioritaire » de la diplomatie européenne. Cette politique concerne non seulement l'Ukraine et les pays du Caucase, mais aussi la Méditerranée et en particulier le Moyen-Orient, le souci étant autant de garantir la stabilité aux confins de l'Union européenne que d'assurer son approvisionnement en énergie, surtout en gaz. La relation avec la Russie dans le domaine énergétique a été particulièrement soulignée par la Commissaire, même si ce pays n'a pas ratifié la charte de l'énergie mais s'est engagé à en appliquer les principes. Mme Ferrero-Waldner s'est félicitée de l'initiative « Synergie mer Noire » adoptée mercredi par la Commission (EUROPE n°9404). Mme Ferrero-Waldner a aussi fait part aux députés des nouveaux moyens d'action et des instruments dont sera dotée la politique extérieure de l'UE, présentés dans le récent document de stratégie 2007 dont aura à débattre le PE.
A l'ouverture de l'audition, le président de la commission parlementaire, le Polonais Jacek Saryusz-Wolski (PPE-DE), a souligné l'utilité du « dialogue interinstitutionnel » en matière de politique étrangère. Le débat autour du document de stratégie 2007 est une bonne occasion d'en approfondir la perception, a ajouté Mme Ferrero-Waldner, car, a-t-elle affirmé, ce document n'est que « la partie visible de l'iceberg ». Elle a invité les députés à s'intéresser aussi à « la transposition sur le terrain » des priorités affichées. Sur le terrain, relève-t-elle, la réalité est surtout marquée par une plus grande concertation avec les Etats-Unis, non seulement dans le domaine politique, mais aussi dans des secteurs tels que l'énergie ou le changement climatique. Dans ce contexte, la Commissaire a émis le vœu d'un « dialogue transatlantique ambitieux ».
Contribuer à la stabilité dans la région du Golfe et plus activement au processus de paix au Moyen-Orient, promouvoir le partenariat avec la Chine, intensifier le réseau de relations et accords d'association avec l'Amérique latine (et notamment avec l'Amérique centrale - plus sûrement qu'avec le Mercosur, avait-elle ajouté dans ses réponses aux députés), consolider le dialogue avec la Russie et les pays de sa zone de voisinage, y compris le Bélarus (avec lequel, a-t-elle confirmé, des contacts prudents sont engagés) ou l'Ukraine (où « la situation est difficile »), l'Arménie ou, plus loin, les anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale: tels sont les champs d'action de la politique extérieure qui visent à approfondir le partenariat aussi bien sur le plan national que sous-régional ou régional, a affirmé la Commissaire. Elle a aussi évoqué la République démocratique du Congo en se demandant notamment s'il « y aura une opposition à l'avenir ».
Mme Ferrero-Waldner a répondu ensuite à des questions détaillées des députés. A relever: l'affirmation, au sujet de la Palestine, que l'instrument financier TIM (mécanisme temporaire) demeurera en place, mais qu'il sera progressivement remodelé pour assurer plus d'efficacité sans déroger au principe de contrôle et de surveillance de ses affectations (voir EUROPE n° 9404). Mme Ferrero-Waldner a fait part d'une entente parfaite avec le nouveau ministre palestinien des Finances qu'elle avait rencontré dans la matinée (EUROPE précité). A propos de la demande d'Israël de bénéficier d'un « statut spécial » dans ses relations avec l'UE, elle l'estime «possible mais cela dépendra des deux parties ». Sur l'Irak, elle a rappelé l'engagement de l'UE pour le retour à la stabilité « mais cela ne sera pas facile ». La Corée du Nord, la Syrie, l'Iran, Cuba: autant de pays avec lesquels l'UE ne désespère pas de nouer des relations et d'avoir des pratiques politiques acceptables pour la communauté internationale, a-t-elle répondu, tout en affirmant que les progrès restent lents ou incertains. (fb)