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Bulletin Quotidien Europe N° 9386
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/conseil europeen

Satisfaction générale au vu des résultats d'un Sommet de printemps qui a prouvé que l'Union est capable d'agir à 27

Strasbourg, 14/03/2007 (Agence Europe) - A l'autosatisfaction exprimée par les représentants de la Présidence allemande du Conseil et de ceux de la Commission, la plupart des députés participant au débat en plénière sur les résultats du Conseil européen de printemps ont répondu par non moins d'enthousiasme devant le compromis obtenu par les Vingt-sept en faveur d'une approche commune intégrée pour lutter contre le changement climatique et garantir la sécurité énergétique, principal sujet du Sommet des 8 et 9 mars.

Ouvrant le débat, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank Walter Steinmeier s'est félicité des résultats d'un « sommet couronné de succès qui a montré que l'Union reste gérable à 27 ». « C'est un sommet qui a été dynamique, qui nous rend plein d'espoir et de courage », a-t-il estimé. Rappelant que les querelles pétro-gazières russo-ukrainienne et russo-bélarusse « ont montré à quel point nous sommes vulnérables » sur le plan de l'approvisionnement en énergie et soulignant que « les exemples de phénomènes résultant du réchauffement climatique sont frappants et sa menace est bien réelle », M. Steinmeier a salué le « pas de géant » accompli par l'Union en adoptant une politique intégrée dans le domaine de l'énergie et du changement climatique. Le risque climatique le plus important étant la consommation d'énergie, l'Union s'est engagée de manière indépendante et unilatérale, lors du Conseil européen la semaine dernière, à réduire ses émissions de CO2 de 20% à l'horizon 2020 en promettant une réduction de 30% si les autres pays industrialisés sont disposés à la suivre, a rappelé le chef de la diplomatie allemande. M. Steinmeier a également rappelé l'adoption, à cette fin, d'un Plan d'action triennal pour la période 2007-2009 dans le domaine de l'énergie comprenant cinq volets, dont les deux principaux prévoient, d'une part, d'économiser 20% de la consommation énergétique de l'Union d'ici 2020 et, d'autre part, de développer les énergies renouvelables pour qu'elles représentent, à la même échéance, une part de 20% du bouquet énergétique des Vingt-sept. « Nous avons réussi à convaincre certains Etats membres qui avaient exprimé des réserves quant à la nature contraignante de l'objectif pour les renouvelables qu'ils estimaient trop ambitieux, et la Commission va maintenant se charger de la répartition des efforts », a-t-il poursuivi.

Le Conseil européen a également validé le bilan de parcours de la stratégie de Lisbonne réformée et constaté qu'elle « commence à porter ses fruits », a par ailleurs rappelé M. Steinmeier. « Le message doit être celui-ci: nous ne devons pas rester les bras ballants mais consolider les budgets nationaux et continuer les réformes », a-t-il poursuivi, se félicitant par ailleurs des « évaluations positives » au niveau du marché de l'emploi. Le président du Conseil a également rappelé deux autres avancées du Conseil européen: l'objectif fixé à 1% d'ici 2009 pour le déficit en matière de transposition du droit communautaire et l'engagement des Vingt-sept de réduire de 25% le fardeau administratif qui pèse sur les entreprises découlant de la législation communautaire tout en acceptant de se fixer des objectifs nationaux en 2008. « Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a dit que c'est le sommet le plus marquant auquel il a participé depuis le début de son mandat. Les travaux préparatoires de la Commission et du Parlement ont été indispensables à la réussite de ce sommet. L'Europe ne peut réussir que si nous la façonnons ensemble », a-t-il conclu.

Le Commissaire à l'Industrie Günter Verheugen a pour sa part salué le soutien du Conseil aux travaux et propositions de la Commission. En adoptant une approche intégrée pour lutter contre le changement climatique et garantir sa sécurité énergétique, l'Union a « envoyé un signal fort au reste du monde » et « fait mentir ceux qui affirmaient qu'une Union à 27 n'est plus capable d'agir ». M. Verheugen s'est également félicité que les chefs d'Etat et de gouvernement aient reconnu que le Partenariat pour la croissance et l'emploi est « sur de bons rails ». « Nous n'avons pas complètement réussi à inverser la tendance mais nous sommes sur la bonne voie. Nous attendons la création de 7 millions de nouveaux emplois dans les deux ans à venir », a poursuivi le Commissaire européen qui s'est également réjoui que les Etats membres aient accepté à l'unanimité que la Commission présente des recommandations pour les agendas nationaux. La Commission définit désormais trois objectifs pour l'Union, a poursuivi M. Verheugen: - d'abord intégrer la politique intégrée sur l'énergie et changement climatique dans la stratégie pour la croissance et l'emploi ; - ensuite renforcer la dimension sociale, le troisième pilier, en concentrant les efforts sur l'éducation et la formation ; - enfin, accroître la visibilité de la stratégie. « Une action européenne sur le plan économique est la meilleure réponse pour assurer notre compétitivité sur le plan mondial », a insisté le Commissaire à l'Industrie, qui a par ailleurs tenu à rappeler que la réduction de la charge bureaucratique ne signifiait pas toucher aux normes sociales et environnementales. M. Verheugen a également assuré que la Commission allait tout mettre en œuvre pour essayer de réduire les obstacles au développement de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables. « La Commission va montrer le travail qu'elle peut accomplir pour répartir le fardeau entre les Etats membres pour réduire les émissions de CO2 et assurer le développement des énergies renouvelables pour qu'elles atteignent 20% du bouquet énergétique à l'échelle de l'Union en tenant soigneusement des conditions de départ et de celles à disposition pour atteindre ces objectifs », a assuré le Commissaire, déplorant en revanche que, sur le marché intérieur, « on paie trop cher en Europe pour notre énergie ». « Le Conseil européen a envoyé des indications claires à l'industrie pour qu'elle développe une stratégie claire afin de mettre sur le marché les produits les plus propres possible », a-t-il encore ajouté, se disant convaincu que l'industrie européenne fera de son mieux.

Pour une fois, les conclusions du Conseil européen sont brèves et claires: cette constatation de la Belge Marianne Thyssen, au nom du PPE-DE, a été partagée par de nombreux parlementaires qui ont invité à « passer maintenant à l'action ». Mme Thyssen a indiqué que son groupe était favorable à la création d'une commission temporaire sur le changement climatique au sein du Parlement européen et plaidé en faveur d'un effort de communication pour convaincre les citoyens du bien-fondé des décisions du Conseil de printemps. Si ce Conseil a été un succès, a enchaîné, pour le groupe socialiste, l'Allemand Martin Schulz, il l'a été pour tous, et pas seulement pour le PPE-DE, Mme Thyssen ayant exagérément insisté, à son goût, sur le rôle de son groupe dans la préparation du sommet. M. Schulz a par ailleurs attiré l'attention sur le fait que « l'Afrique, le continent qui contribue le moins à la pollution, est celui qui en ressent le plus les conséquences négatives: l'Europe a une responsabilité morale à son égard ». Sans enthousiasme, l'Allemand Alexander Graf Lambsdorff (ALDE) s'est néanmoins félicité du « bon » Plan d'action pour l'énergie et des propositions pour réduire la bureaucratie, tout en invitant les Etats membres à jouer leur rôle dans cet effort. Pour M. Lambsdorff, le plus grand succès de ce Conseil réside dans le fait que les Etats membres ont montré qu'ils « sont en mesure de se mettre d'accord sur des objectifs s'ils sont assez clairement définis ». Le verdict du groupe Union pour une Europe des nations (UEN) est positif: le Polonais Michael Kaminski s'est réjoui que le premier Conseil européen à 27 ait montré que des décisions peuvent être prises aussi dans une Europe élargie. Le bilan de l'Italienne Monica Frassoni, pour les Verts, est beaucoup plus nuancé: bien pour la volonté de faire avancer l'Europe des résultats, mais comment y arriver sans la Constitution ? Par ailleurs, si Mme Frassoni s'est félicitée du rejet par le Conseil européen de « l'offensive nucléaire » du président français Jacques Chirac, elle s'est dite « préoccupée par les bruits de couloir au Conseil sur le choix de l'article 175 point 2 pour la mise en œuvre des nouvelles normes, un article qui exclut la consultation du Parlement européen et requiert l'unanimité au Conseil ». Pour la GUE/NGL, l'Allemande Gabriele Zimmer a quant à elle regretté que « la lutte contre la pauvreté soit restée un sujet marginal au Conseil de printemps »: dans ce contexte, elle a estimé que « les recettes d'une taxe écologique pourraient alimenter une politique sociale qui en a bien besoin ». Pour le Suédois Nils Lundgren (Indépendance et démocratie), les décisions du Conseil européen ont été bonnes, mais l'adoption de la Constitution est nécessaire si on veut agir à 27, a-t-il insisté. L'Autrichien Andreas Mölzer (Identité, Tradition et Souveraineté) a au contraire souligné « les lacunes » du Conseil, notamment l'absence de progrès en ce qui concerne le stockage et le traitement des déchets nucléaires. Enfin, le Britannique James Allister (Democratic Unionist Party) a dénoncé dans les conclusions du Conseil « le début de toute une nouvelle vague de réglementations »: « on va même nous dicter quel type d'ampoule électrique nous pourrons utiliser », a-t-il déploré, anticipant que « ces ampoules viendront de Chine… ». (eh /lg)

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