Strasbourg, 14/03/2007 (Agence Europe) - En adoptant à une large majorité le rapport d'Amalia Sartori (PPE-DE, Italie) sur une feuille de route pour l'égalité entre les femmes et les hommes 2006-2010, le Parlement européen appelle la Commission européenne à « donner une dimension concrète à sa feuille de route ». Ce que souhaitent avant tout les députés, c'est que soit appliqué le principe d'égalité salariale, d'encourager les congés de paternité, d'agir contre la violence, de favoriser l'intégration des femmes immigrées, de faire respecter les droits des femmes dans les relations extérieures et de sensibiliser les médias, précise un communiqué qui explique:
A travail égal, salaire égal: le PE demande: - de manière générale des mesures nationales pour favoriser l'accès des femmes au marché de l'emploi (« à dignité égale et à salaire égal pour un travail égal ») et la mise en œuvre de « stratégies concrètes » pour promouvoir l'entreprenariat féminin ; - à la Commission de réviser la directive de 1975 sur le rapprochement des législations en ce qui concerne l'application du principe d'égalité salariale entre hommes et femmes ; - aux Etats membres de nommer un responsable national chargé de veiller à l'application égale entre les femmes et les hommes des objectifs d'emploi et de croissance de la stratégie de Lisbonne.
Concilier vie familiale et professionnelle: les députés demandent à la Commission d'accélérer la création de politiques destinées à réconcilier ces deux vies, entre autres en veillant à ce que le coût de la maternité et de la paternité soit à la charge de la collectivité dans son ensemble, en améliorant l'accessibilité et la flexibilité des services de garde et d'aide aux personnes non autosuffisantes et en encourageant activement les pères à utiliser les possibilités d'aménagement du temps de travail et à prendre part aux tâches ménagères.
Agir contre la violence: le PE demande: (1) à la Commission de: - renforcer les mesures de
protection des femmes et des enfants contre toutes les formes de violence, y compris l'esclavage, les crimes d'honneur, les trafics d'êtres humains et la polygamie ; - de proposer une directive sur « la lutte contre toutes les formes de violence envers les femmes » ; (2) aux Etats membres de retirer leur licence aux médecins pratiquant des mutilations génitales.
Condition essentielle des politiques extérieures: les députés demandent « un engagement plus fort de l'UE » en faveur des principes de l'égalité des genres, l'émancipation des femmes, la prévention de la violence à leur égard et leur participation à la vie économique et sociale, ainsi qu'une coordination avec les Nations Unies. Pour le PE, « le respect des droits des femmes doit être une condition essentielle des politiques de voisinage, de relations extérieures et de développement de l'UE ». En outre, ils demandent à la Commission et aux Etats membres de prendre, dans le cadre de leurs politiques de coopération au développement, des « mesures appropriées pour favoriser une meilleure représentation des femmes en veillant à ce qu'elles aient la même chance que les hommes et en facilitant leur participation aux associations professionnelles et aux instances de planification et de décision politique ».
Promouvoir l'intégration des femmes immigrées: le PE demande à la Commission « d'adopter des initiatives concrètes pour leur émancipation et leur intégration », par exemple par des actions de soutien pour l'apprentissage des langues, des droits et devoirs et de la législation du pays d'accueil.
Les médias essentiels pour combattre les stéréotypes: les députés invitent la Commission à encourager des initiatives dans le cadre du programme Media 2007.
En présentant son rapport à la plénière, Mme Sartori avait insisté sur le fait que « la politique d'égalité des sexes doit être traitée par la Commission comme une exigence fondamentale pour le respect des droits de la personne » et avait expliqué que, par conséquent, il faut « établir une tolérance zéro pour le non respect de ces droits ». (gb)