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Bulletin Quotidien Europe N° 9376
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/developpement

La Commission propose un code de conduite pour une meilleure répartition du travail entre elle et les Etats membres

Bruxelles, 28/02/2007 (Agence Europe) - Pour accroître l'efficacité de l'aide européenne au développement, il convient que les Etats membres et la Commission européenne, bailleurs de fonds de premier plan auprès des pays récipiendaires, coopèrent en tirant pleinement parti de leurs valeurs ajoutées plutôt que se concurrencer en se marchant sur les pieds, car la déperdition des efforts due aux doublons s'exerce au détriment des pays en développement. Convaincue de cette nécessité, la Commission européenne a adopté le 28 février une communication sur la complémentarité de l'aide au développement et la division du travail entre les Etats membres et la Commission, prônant notamment l'adoption d'un code de conduite opérationnel.

Ce code de conduite volontaire énoncera dix principes pour une meilleure répartition des tâches entre les donateurs de l'UE dans les pays en développement. La Commission propose notamment que les 28 bailleurs de fonds européens renforcent la complémentarité de leurs interventions au sein d'un même pays bénéficiaire, que chaque bailleur de fonds limite ses interventions dans un pays partenaire à maximum deux secteurs prioritaires dans lesquels il a un avantage comparatif en termes de savoir-faire, qu'un bailleur de fonds puisse déléguer à un autre la mise en œuvre d'un projet d'aide dans un pays partenaire.

Pour Louis Michel, Commissaire au Développement, inspirateur de cette nouvelle initiative, le volume de l'aide de l'UE, première pourvoyeuse de fonds, justifie la démarche. Il l'a souligné le 28 février en présentant la communication de la Commission à la presse.

« En 2005, l'UE qui fournissait déjà plus de la moitié de l'aide publique mondiale, soit 50 milliards d'euros, avait pris l'engagement d'accroître substantiellement le volume de son aide publique au développement. 2006 a été le premier test de crédibilité de l'Europe: notre objectif intermédiaire d'atteindre collectivement 0,39% du PIB a été atteint, voire sera dépassé, et nous sommes en bonne voie d'atteindre l'objectif de 0,56% en 2010 », a-t-il déclaré. Citant le cas exemplaire de la Suède, qui a dépassé le 1% en 2006, de l'Allemagne et l'Espagne - « deux retardataires qui ont clairement changé de cap », et des dix nouveaux Etats membres qui ont doublé leur aide depuis leur adhésion, le Commissaire a modéré son enthousiasme par un bémol: le fait qu'une grande part de l'aide additionnelle prenne la forme d'un allégement de la dette plutôt que d'un « engagement durable ». Mais la quantité ne suffit pas. Il faut aussi la qualité, c'est-à-dire une aide plus efficace et plus rapide. Le « Consensus de Bruxelles » adopté en 2005 pour les priorités de la politique de développement sur cinq ans et le début de la programmation commune de l'aide sont, selon Louis Michel, des progrès déterminants sur cette voie. Il reste toutefois beaucoup à faire en termes de division du travail, a souligné le Commissaire. « Il y a trop de bailleurs de fonds actifs dans les mêmes pays, dans les mêmes secteurs. Les chevauchements sont sources de dépenses administratives inutiles. Il n'est pas normal qu'un ministre des Finances dans un pays en développement reçoive en moyenne deux cents missions de bailleurs de fonds par an et qu'au Kenya, vingt bailleurs de fonds achètent des médicaments par le canal de 13 organes d'appel d'offres différents !L'aide doit améliorer les choses pas devenir un fardeau. Le code de conduite que nous proposons s'appuie sur les meilleures pratiques. Il permettra d'injecter les fonds là où ils sont le plus nécessaires et de telle manière qu'ils pourront contribuer le plus efficacement à éradiquer la pauvreté ».

Les lignes directrices qu'il édicte permettront de mettre un terme à la tendance qui pousse les Etats membres à concentrer leur aide sur les pays qui réussissent le mieux, comme le Mozambique, et d'en négliger d'autres comme la Centrafrique ou la Somalie. « Chaque pays établira ses pays prioritaires, et il faut que dans chaque pays il y ait au moins un bailleur de fonds européen présent pour éviter l'existence de pays orphelins d'aide », explique le Commissaire.

Pourquoi est-il si difficile de progresser vers cet objectif de division judicieuse du travail, poursuivi depuis tant d'années ? De l'avis de Louis Michel, « c'est principalement que, dans ce domaine de responsabilité partagée, les Etats membres ont le réflexe de vouloir mettre leur drapeau sur chaque projet qu'ils financent - je n'ai rien contre, mais je pense qu'un drapeau européen donnerait plus de visibilité - et que pour des raisons historiques, d'agenda économique, de préférence, certains pays ont donné la priorité à des pays dont ils se sentent plus proches. Personne ne leur conteste ce droit, mais ils ne considèrent pas la politique de développement comme une politique à part entière alors que dans tous les Eurobaromètres les citoyens estiment que c'est le domaine dans lequel l'Europe a de la valeur ajoutée, et veulent plus d'Europe. Je plaide pour cela ».

Et à ceux qui lui demandent pourquoi ne pas laisser le soin à des organisations internationales compétentes, comme la Banque mondiale, de donner le « la », le Commissaire répond avec vigueur: « Je ne suis pas de ceux qui pensent que l'Europe doit être un guichet, un organisme de charité. L'Europe est une entité politique fondée sur des valeurs. Pourquoi n'aurait-elle pas sa propre politique de développement , ses propres projets ? Certains voudraient une Europe ONG, pas trop organisatrice. Moi, je ne veux pas d'une Europe réduite à moins que les acquets ! ».

A un journaliste qui l'invitait à s'exprimer sur la politique d'aide au développement de la Chine, de plus en plus présente en Afrique, le Commissaire a estimé que l'aide chinoise était « non conditionnée » et « beaucoup plus rapide que l'aide européenne », soumise à des procédures très bureaucratiques. Affirmant ne vouloir porter aucun jugement sur l'absence de conditionnalité, le Commissaire s'est dit en faveur d'une collaboration entre l'UE, la Chine et l'Europe. Et de préciser: « J'envisage d'organiser une réunion UE/Afrique/Chine pour des programmes communs, des projets triangulaires, dans le domaine des infrastructures par exemple », a déclaré Louis Michel, annonçant qu'il se rendrait en Chine « en juin probablement ». (an)

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