Bruxelles, 28/02/2007 (Agence Europe) - Dans le rapport sur les « Normes fondamentales du travail reconnues internationalement en UE » qu'elle a publié, le 26 février, la Confédération des syndicats internationaux (CSI) constate des infractions sérieuses aux droits fondamentaux des travailleurs dans plusieurs pays de l'UE. Les normes fondamentales du travail sont respectées en droit mais pas toujours dans les faits dans l'UE 27, souligne la CSI en rappelant que la publication de ce rapport coïncide avec l'examen de la politique commerciale de l'UE à l'OMC (EUROPE n° 9375). Les conclusions et recommandations du rapport de la CSI (qui est disponible sur le site http: //http://www.ituc-csi.org ) sont les suivantes:
(1) tous les Etats membres de l'UE des 27 ont ratifié chacune des huit Conventions de l'OIT sur les normes fondamentales du travail, sauf l'Estonie et la République tchèque. Ces deux pays sont invités à procéder au plus vite à cette ratification, à mettre leur législation en conformité avec les Conventions et à veiller à leur mise en œuvre dans la pratique.
(2) des « violations » des libertés syndicales sont à déplorer, notamment dans certains nouveaux Etats membres comme la Bulgarie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie et la Slovaquie. Mais il en existe aussi en Allemagne où, par exemple, les fonctionnaires n'ont pas le droit de faire grève. On constate un problème répandu et croissant de discrimination antisyndicale dans la pratique qui doit être attaqué de manière plus résolue. En Pologne par exemple, la CSI pointe des « intimidations et ruptures de contrats de travail sans préavis ».
(3) des mesures doivent être prises pour lutter contre la discrimination fondée sur le sexe dans les Etats membres de l'UE. Les écarts salariaux entre hommes et femmes sont encore prononcés, les femmes sont sous-représentées dans les postes d'encadrement, font souvent face à un taux de chômage supérieur et sont cantonnées à des emplois à temps partiel. La Commission européenne et les gouvernements nationaux doivent veiller à une mise en œuvre plus effective des principes d'égalité de rémunération pour un travail de valeur égale et à l'égalité de traitement dans l'emploi.
(4) la discrimination contre la minorité ethnique Rom est commune dans presque tous les Etats membres de l'UE. Des efforts mieux coordonnés doivent être déployés pour prévenir cette discrimination et améliorer l'accès des Roms à l'emploi et à l'éducation.
(5) il faut progresser davantage vers l'élimination du travail des enfants dans l'UE: l'emploi illicite et l'exploitation des enfants sont constatés dans de nombreux pays de l'UE, notamment dans l'économie informelle et l'agriculture. Des mises au travail en-dessous de l'âge légal ont été relevées en Bulgarie, Pologne, Roumanie, Italie et Portugal. Le travail forcé reste aussi un problème relativement important dans pratiquement tous les pays de l'UE: son élimination effective tout comme celle de l'exploitation sexuelle doivent être une priorité absolue. Il est urgent de mieux coopérer entre Etats membres en vue d'éradiquer la traite des êtres humains sous toutes ses formes et d'améliorer dans certains pays la protection des victimes de la traite. (gb)