Bruxelles, 28/02/2007 (Agence Europe) - Content mais inquiet, tel est le sentiment mitigé du Réseau européen de lutte contre la pauvreté EAPN face aux résultats du Conseil Social du 22 février à Bruxelles, qui avait avalisé la lutte contre la pauvreté des enfants comme priorité de son agenda politique (voir EUROPE n°9372). La raison de l'inquiétude d'EAPN est que le remplacement du concept de « revenu minimum » par celui de « ressources minimum » dans les conclusions du Conseil « prête à confusion », souligne Fintan Farrell, directeur du Réseau.
« Les systèmes de revenus minimum constituent le dernier recours et une bouée de sauvetage pour les plus pauvres en Europe », explique M. Farrell. « La plupart des Etats membres disposent de tels régimes ». Toutefois, poursuit le directeur, « leur accessibilité et degré d'adéquation aux besoins varient grandement d'un pays à l'autre. Et depuis la publication d'une recommandation sur le sujet en 1992, l'UE encourage les Etats membres à mettre en place des systèmes de revenu minimum. C'est pour cette raison que les conclusions du Conseil ont de quoi soulever des doutes sur l'importance accordée à de tels systèmes. Si la formule « ressources minimum » recouvre le minimum associé à d'autres bénéfices, les conclusions du Conseil auraient dû le spécifier de façon claire », ajoute Fintan Farrell en concluant que « EAPN demandera des clarifications à ce sujet auprès du Président du Conseil M. Müntefering et du Commissaire Spidla » et qu'« il soit spécifié publiquement que l'UE continuera à reconnaître et à encourager fortement les Etats membres à fournir des systèmes de revenu minimum accessibles, adéquats et respectueux de la dignité humaine »
Par ailleurs, Fintan Farrell s'est félicité des messages positifs du Conseil, à savoir que les ministres ont réaffirmé leur détermination de donner plus de visibilité aux dimensions sociales dans le 2ème cycle de la stratégie de Lisbonne, mis en avant l'importance de la cohésion sociale et renouvelé l'engagement selon lequel Lisbonne doit contribuer à avoir un impact décisif sur la pauvreté et l'exclusion. « Ces conclusions, accompagnées d'autres engagements plus concrets, devraient être une priorité des conclusions du Sommet de printemps », a-t-il ajouté. (gb)