Bruxelles, 28/02/2007 (Agence Europe) - L'organisation des employeurs européens s'inquiète du « signal politique » lancé à la Banque centrale européenne (BCE) par un débat sur la redistribution des profits. Ceux qui sont préoccupés d'une hausse des taux de la BCE, particulièrement vigilante sur l'impact d'une hausse des salaires pour l'inflation, « devraient être prudents » et ne pas inciter l'institution de Francfort à agir en ce sens, a prévenu mercredi Ernest Antoine Seillière, le Président de BusinessEurope (ex-UNICE). A ce stade, « nous pensons que les taux d'intérêt sont à un niveau acceptable pour soutenir la croissance et se prémunir des risques de l'inflation », a-t-il jugé, à l'occasion d'une conférence de presse sur les perspectives économiques publiées le jour même par son organisation. Et d'insister sur le rôle de chacun en précisant: « La politique des salaires est l'affaire du dialogue social dans les entreprises, les fédérations et parfois au niveau national . Pour M. Seillière, « les partenaires sociaux pensent que si l'on veut maintenir la tendance positive de la croissance, il faut considérer que les salaires doivent rester à un niveau raisonnable (…) c'est un choix pour l'emploi, l'investissement et l'innovation ». Quant à la possibilité de partager les fruits de la croissance par d'autres mécanismes, « nous sommes conscients de cette tendance », a simplement assuré M. Seillière, qui s'en remet au bon vouloir des entreprises elles-mêmes pour instaurer un lien entre profits des entreprises et bénéfices pour les salariés. Alors que pour Peer Steinbrück, qui s'exprimait après le Conseil Ecofin mardi, le faible niveau des bénéfices que retirent actuellement les employés de la croissance risque d'entraîner une « crise de légitimité du modèle économique et social européen », ce modèle reste pour M. Seillière « le meilleur au monde », pour assurer un équilibre entre efficacité économique et croissance d'une part et préoccupations sociales et solidarité d'autre part. (ab)