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Bulletin Quotidien Europe N° 9371
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/telecommunications

Une étude réalisée à la demande du BEUC et d'UFC-Que Choisir bat en brèche les arguments des opérateurs de téléphonie mobile en matière de « roaming »

Bruxelles, 21/02/2007 (Agence Europe) - « Pour un appel sortant international, des prix de gros de 25 cents et des prix de détail de 33 cents sont raisonnables ». Telle est la principale conclusion d'une étude sur les frais d'itinérance (« roaming ») réalisée à la demande du Bureau européen des associations de consommateurs et de l'association française UFC-Que Choisir. L'étude souligne également le manque de statistiques claires sur le roaming et affirme que, contrairement à ce que prétend le secteur de la téléphonie mobile, les prix de détail (prix payés par les consommateurs) n'ont pas diminué. Elle fait valoir qu'une baisse des prix stimulerait la demande, aurait une incidence positive sur le bien-être global et des conséquences très limitées sur les recettes du secteur et sa capacité d'investissement. Selon Jim Murray, directeur du BEUC, « avec des prix plus bas, les consommateurs effectueront plus d'appels internationaux. De plus grands volumes réduiront les coûts unitaires à l'avantage de tous. Il est grand temps de faire en sorte que ces prix baissent, encore et encore ».

L'étude note d'emblée que la concurrence est loin d'être réelle sur le marché du roaming. Se fondant sur les offres récentes de plusieurs opérateurs, elle affirme que, contrairement à ce que prétendent ces derniers, ces offres sont présentées comme si les consommateurs pouvaient en tirer un avantage clair, or « ceci ne s'applique qu'à des profils de consommateurs et des circonstances très spécifiques ». En outre, les offres « sont souvent limitées à une période spécifique ou doivent être prises pour une année entière mais elles ne sont généralement utilisées qu'une ou deux fois par an durant la période des vacances. Les offres ne sont donc pas adaptées aux besoins de la plupart des consommateurs ».

Le BEUC déplore aussi que l'information en matière de services internationaux de télécommunications - y compris le roaming et les frais de roaming - fournie par les opérateurs aux autorités de régulation nationales soit souvent incomplète. Et d'en conclure que ce manque d'informations détaillées sur les véritables coûts du roaming « rend la tâche plus facile aux opérateurs pour exagérer l'impact d'un contrôle des prix ».

Selon l'étude, contrairement aux arguments des opérateurs, des réductions de prix ne conduiraient pas à une réduction concomitante des recettes. Selon les opérateurs, les hommes d'affaires utilisent le roaming par obligation, et leurs habitudes ne changeront pas en cas de diminution de prix. Le BEUC et UFC-Que Choisir font valoir que ces arguments sont « incorrects » dans la mesure où les consommateurs « ordinaires » utilisent aussi le roaming, « sont sensibles aux prix et augmenteraient leur utilisation si les prix diminuaient ». Autre argument de l'industrie battu en brèche par les représentants des consommateurs: une réduction des prix conduirait à une baisse des investissements. Sur ce point, l'étude indique que la fixation de plafonds en matière de roaming, option défendue par le BEUC, « ne remettrait en cause ni la profitabilité d'ensemble de l'industrie, ni sa capacité d'investissement. Et les bénéfices attendus pour les consommateurs seraient très significatifs... ».

L'UFC-Que Choisir a estimé l'impact potentiel des baisses de prix sur la facture de GSM des eurodéputés en se basant sur les factures de certains d'entre eux. Les résultats individuels sont surprenants puisque ces derniers pourraient chacun réaliser une économie substantielle allant de 277 à près de 3000 euros, selon leur usage, avec une moyenne (taxes comprises) de 1000 euros chacun. Selon Alain Bazot, président de l'association française: « Les opérateurs de téléphonie mobile manipulent la vérité; ils ont organisé depuis le départ une vaste collusion à l'échelle européenne ». Et d'inviter à « y mettre un terme et (…) construire l'Europe des télécommunications ». L'étude peut être consultée à partir du site du BEUC: http: //http://www.beuc.org/Content/Default.asp? (ol)

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