Bruxelles, 21/02/2007 (Agence Europe) - La nouvelle stratégie 2007-2012 concernant la santé et la sécurité au travail, adoptée ce mercredi par la Commission européenne, a pour objectif de réduire de 25% les maladies professionnelles et les accidents de travail dans l'UE d'ici 2012. Pour y arriver, la Commission estime qu'il faut: « (1) assurer une meilleure application d'une législation plus efficace grâce à des mesures allant de la simplification de la législation existante à l'échange de bonnes pratiques, en passant par le développement d'instruments non contraignants facilitant l'application de cette législation, et grâce à des campagnes de sensibilisation, des stimulants économiques et une meilleure information et formation pour changer les comportements des travailleurs et des employeurs ; (2) définir et mettre en œuvre des stratégies nationales fondées sur une évaluation précise de la situation nationale ; (3) intégrer la dimension de la santé et de la sécurité au travail dans d'autres domaines politiques (éducation, santé publique, recherche) et trouver de nouvelles synergies ; (4) améliorer l'identification et l'évaluation de risques potentiels ».
La stratégie 2002-2006 en matière de santé et de sécurité au travail a permis une amélioration radicale de la situation dans les Etats membres qui conçoivent des stratégies nationales plus ciblées. Ainsi, depuis 2002, on a constaté une diminution de 17% des accidents mortels et de 23% des accidents entraînant une absence au travail de 3 jours ou plus, indique un communiqué de la Commission. Toutefois, cette diminution n'est pas homogène: en effet, certaines catégories de travailleurs (par exemple les jeunes, les travailleurs âgés, les migrants) et d'entreprises (comme les PME), certains secteurs d'activités (la construction, l'agriculture, le transport, les services médicaux et sociaux) et aussi certains Etats membres affichent des taux d'accidents du travail et de maladies professionnelles bien supérieurs aux moyennes de l'UE.
Mais cette situation peut encore s'améliorer. Les coûts engendrés par un accident au travail et par des maladies professionnelles varient selon les protagonistes: ainsi, la perte de revenus liée à l'absentéisme coûte aux travailleurs européens 1 milliard d'euros par an ; quant aux employeurs, ils doivent faire face aux coûts liés à la maladie, au remplacement des travailleurs absents et à une perte de productivité. Les PME sont particulièrement exposées: on y compte 82% de blessures professionnelles et 90% de décès. Par ailleurs, certaines maladies professionnelles, comme les troubles musculo-squelettiques, les infections et les maladies induites par la contrainte psychologique sont en augmentation.
« Chaque année, on compte 4 millions d'accidents de travail en Europe. Ce qui représente un coût économique énorme pour l'économie, et une grande partie de ces coûts retombe sur les systèmes de sécurité sociale et les finances publiques », a souligné devant la presse le Commissaire Vladimir Spidla pour qui « améliorer la santé et la sécurité des travailleurs est la clef de la stratégie pour la croissance et l'emploi. En dynamisant la productivité et la qualité du travail, nous dynamiserons la croissance et la compétitivité européenne », a-t-il ajouté.
Le Commissaire a ensuite précisé: (1) Lien entre stress sur le lieu de travail, suicides, cancers d'origine professionnelle : « dire que le suicide n'a qu'une seule cause est très difficile car il peut être dû à une dépression, des circonstances familiales, ou du stress . Pour trouver de bonnes solutions à ces problèmes, il est essentiel de collaborer avec les partenaires sociaux et de travailler de façon scientifique sur les nouveaux risques de cancers ». A propos de l'actuelle directive sur les agents cancérigènes, le Commissaire a indiqué que « celle-ci n'était pas bloquée » et qu'« une possibilité d'accord collectif avec les partenaires sociaux existait sur le silicium ». Il a ajouté être « en faveur de l'établissement de valeurs-limites (seuils) contraignants pour autant qu'une évaluation scientifique des données ait été faite»; (2) PME : « ce que veut la Commission c'est aider les PME par le biais d'incitants économiques, mais c'est aux Etats membres qu'il revient in fine de déterminer comment doit s'appliquer cette nouvelle stratégie ». En conclusion, le Commissaire a insisté sur le fait que « cette nouvelle stratégie reposait sur trois piliers: (1) protéger la santé des êtres humains ; (2) l'économie et ses avantages ; (3) réduire et prévenir les dangers de dumping social ».
Réagissant à cette publication, l'UEAPME (patronat) a jugé « négatif le manque d'initiatives spécifiques sur la manière de financer les coûts liés aux investissements en matière de santé et de sécurité au travail » mais « positif le fait qu'elle prône moins de législation et plus de simplification administrative ». Quant à la CES (syndicats), elle s'est prononcée « pour la révision de l'actuelle directive sur les agents cancérogènes, pour l'adoption de valeurs contraignantes pour les principaux d'entre eux (silice cristalline) et pour l'adoption d'une directive d'ensemble sur les troubles musculo-squelettiques (TMS). (gb)