login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9371
Sommaire Publication complète Par article 11 / 28
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/conseil environnement/climat

Au Sommet de printemps de rendre contraignants les objectifs pour les renouvelables, s'il le souhaite

Bruxelles, 21/02/2007 (Agence Europe) - L'accord unanime atteint le 20 février par les ministres de l'Environnement de l'UE sur un objectif de réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre pour tous les pays industrialisés de la planète à l'horizon 2020 (par rapport à 1990) et sur un engagement unilatéral d'au moins 20 % pour l'Union européenne à la même échéance, pour atteindre 60-80% à l'horizon 2050 (EUROPE n° 9370), constitue l'avancée majeure du Conseil Environnement. Elle a couronné de succès l'opiniâtreté de la Présidence allemande et donné pleinement satisfaction à la Commission européenne.

Sigmar Gabriel, ministre allemand qui présidait la session, s'en est félicité devant la presse comme d'une « décision historique » adressant un message clair à l'UE, mais au monde entier aussi. « Nous indiquons à tous les investisseurs que la protection du climat va aller s'intensifiant au-delà de 2012. Un échec des négociations internationales ne compromettra pas l'action de l'UE. Au titre du Protocole de Kyoto, nous avions comme objectif une réduction de 8% de nos émissions entre 2008 et 2012. Nous nous engageons maintenant sur -20% en 2020. Certes, la question de la répartition équitable des efforts entre les Etats membres sera essentielle, mais nous nous y attellerons ».

Ce succès proclamé est tempéré par la décision des ministres de l'Environnement de s'en tenir - consigne gouvernementale oblige - à la position de leurs collègues à l'Energie (EUROPE n°9367) pour adhérer à un objectif de 20% d'énergies renouvelables à l'horizon 2020, sans autre précision, et de 10%, impérativement, pour les biocarburants. « Pour les énergies renouvelables, c'est un objectif politique mais pas contraignant », a souligné le Président, déçu. Mais la Présidence allemande n'a pas dit son dernier mot: elle remettra la question sur la table des chefs d'Etat et de gouvernement lors du Conseil européen des 8 et 9 mars.

« Je déplore que les ministres de l'Environnement n'aient pas été capables de s'entendre sur un objectif contraignant. J'espère que le Sommet européen prendra un engagement ferme », a déclaré Stavros Dimas, Commissaire à l'Environnement. Celui-ci est néanmoins ravi « des objectifs très ambitieux pour la contribution de l'UE à la lutte globale contre le changement climatique ». Il précise: « -30% c'est une décision jalon en vue d'un accord mondial afin que le changement climatique n'atteigne pas des proportions trop dangereuses. Nous allons négocier avec les autres pays, et pour convaincre les Etats-Unis et d'autres partenaires, nous allons donner l'exemple par un engagement unilatéral d'ici à 2020. Il faut démarrer les négociations en 2007 et les boucler à la fin de 2009, sinon il y aura un vide après l'expiration de la première période d'engagement du Protocole de Kyoto ».

Les aspects centraux des conclusions adoptées à ce sujet sont repris dans la contribution du Conseil Environnement au Sommet de printemps. Le Conseil y précise notamment que l'UE ne s'engagera sur 30% que si « les autres pays industrialisés s'engagent à des réductions d'émissions comparables et que les pays en développement plus avancés sur le plan économique apportent une contribution adaptée à leurs responsabilités et à leurs capacités respectives». Idem pour les éléments essentiels du paquet « Energie et climat » pour promouvoir l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables, dont 10% de biocarburants durables et efficaces. « Il faut faire en sorte que seuls les biocarburants bons pour l'environnement soient sélectionnés - ceux de la deuxième génération. La nouvelle proposition de directive sur la qualité des carburants va dans ce sens pour un marché gagnant-gagnant garant de l'indépendance énergétique et de progrès vers une économie à faible teneur en carbone», précise le Commissaire. Et les Etats membres pourront compter sur une proposition de la Commission pour le recours à la technologie de la séquestration et du stockage du carbone.

Voitures: compter sur les biocarburants pour atteindre 120g/CO2 en 2020 ne fait pas l'unanimité

Evoquant le premier débat d'orientation du Conseil sur la stratégie de réduction plus radicale des émissions de CO2 des voitures particulières - autre contribution majeure à la protection du climat -, le Président Gabriel s'est réjoui que les ministres aient unanimement estimé qu' « il est temps de disposer d'une législation, les engagements volontaires de l'industrie ne suffisant pas, à eux seuls » pour atteindre l'objectif moyen de 120g/km par voiture d'ici à 2020. Les délégations sont toutefois partagées sur l'opportunité de prendre en considération l'utilisation des biocarburants dans ce calcul, certaines d'entre elles estimant que l'objectif peut être atteint par la seule technologie du moteur. « J'ai plaidé pour qu'on ne pèche pas trop par pessimisme si nous voulons être cohérents avec les conclusions sur le changement climatique. Il faut développer des biocarburants synthétiques qui ne soient pas en concurrence avec les denrées alimentaires ou la protection de l'environnement, il faut des incitants pour susciter l'intérêt du marché et des investissements massifs pour remplacer progressivement les énergies fossiles par les biocarburants. C'est pourquoi l'optique de la Commission est la bonne », a déclaré Sigmar Gabriel.

Déçus, les écologistes appellent le Sommet de printemps à redresser la barre

Les ONG environnementales sont loin de partager l'enthousiasme de la Commission et de la Présidence sur les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à moyen et long terme.

« Nous saluons la réduction de 30% proposée pour l'UE et les pays industrialisés. Les ministres ont écouté les scientifiques et fait un bond en avant dans la réponse à apporter à la crise climatique. Mais suggérer ensuite une maigre réduction de 20% comme objectif de réduction des émissions de l'UE en admettant que c'est inadéquat puisqu'il faut - 30% est bizarre. Le Sommet de mars devra combler le fossé entre ce que l'UE reconnaît être indispensable pour nous protéger contre les pires impacts du changement climatique et l'engagement qu'elle est prête à prendre pour agir immédiatement. Les leaders de l'UE doivent soutenir un objectif unilatéral de - 30% pour l'UE à l'horizon 2020 ». Mahi Sidseridou, directeur de la politique Energie et climat au Bureau européen de Greenpeace.

L'ONG Friends of the Earth Europe ne dit pas autre chose quand elle estime que les ministres de l'Environnement ont « tenté de donner une impulsion progressiste à la lutte contre le changement climatique en oubliant que la réforme doit commencer chez soi » et déplore le « double langage » du Conseil Environnement,

Les Verts/ALE au Parlement européen déplorent que les ministres de l'Environnement aient « approuvé des réductions d'émissions très en dessous du strict minimum préconisé par les scientifiques (30% d'ici à 2020) et qu' « en conditionnant leur engagement à celui des autres pays industrialisés, ils conduisent l'UE à abdiquer son rôle de leader dans la lutte contre les changements climatiques ». (an)

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES