Bruxelles, 05/02/2007 (Agence Europe) - La Commission européenne a publié, le 5 février, ses prévisions pour les marchés agricoles au cours de la période 2006 à 2013, qui montrent un scénario « modérément » positif pour les céréales et « relativement bon » pour les produits d'origine animale (en particulier les volailles, la viande de porc, le lait et les produits laitiers). En outre, la Commission escompte une croissance de 23,2%, entre 2005 et 2013, du revenu agricole moyen de l'UE à 27 en termes réels et par unité de travail (contre + 12,8% dans l'UE-25 selon le rapport de février 2006, voir EUROPE n°9129). Les données utilisées par la Commission pour réaliser son rapport s'arrêtent à la fin de novembre 2006. Elles tiennent compte ainsi de la réforme, en 2005, du secteur du sucre, mais pas des résultats des négociations commerciales du cycle de Doha (encore en cours), ni des effets du renforcement des critères d'éligibilité du maïs à l'intervention.
Céréales: les prévisions à moyen terme pour les céréales semblent « modérément positives », écrit la Commission, qui s'attend à une augmentation de la consommation interne et des exportations. L'utilisation des céréales à l'intérieur de l'UE devrait repartir légèrement à la hausse grâce à la nouvelle demande en bioéthanol et en biomasse. Dans le même temps, la demande de céréales destinées à nourrir le bétail devrait stagner, puis décliner un peu, compte tenu de l'utilisation accrue des biocarburants. Les stocks publics de céréales devraient disparaître dans la majorité des régions de l'UE. La Commission reconnaît le problème des excédents structurels, en particulier de maïs, dans les pays dits « enclavés » (Hongrie, Slovaquie, Roumanie et Bulgarie). Les stocks publics de maïs devraient rester élevés dans ces régions, à 18 millions de tonnes en 2013.
Les surfaces cultivées en céréales devraient rester stables au cours de la période: entre 51 et 52 millions d'hectares (ha) dans l'UE-25 et aux alentours de 59 millions ha avec la Roumanie et la Bulgarie, malgré des différences entre les produits. Les surfaces en orge vont continuer à chuter, contrairement à celles en blé tendre et maïs, qui vont légèrement augmenter (les surfaces en seigle devraient rester stables). La Commission s'attend à un léger mieux pour les rendements de cultures de céréales (+0,7% entre 2006 et 2013). D'ici à 2013, le marché des céréales devrait rester relativement équilibré dans la plupart des régions de l'UE. La Commission table sur une production de 301 millions de tonnes de céréales en 2013, soit 15 millions de t de plus que les prévisions pour 2007, surtout grâce au blé, dont la production devrait passer de 133 à 146 millions de t. La production de maïs devrait croître de 60 à 65 millions de t. L'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie en 2007 devrait faire augmenter de 22 millions de t la production européenne de céréales. Malgré une augmentation « modérée » de sa propre production, l'UE va continuer à rester un importateur net de colza.
Sucre: la mise en œuvre de la réforme de ce secteur durera jusqu'en 2009. La Commission s'attend à ce que la production de sucre à moyen terme reste forte en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Pologne. Elle n'exclut pas des problèmes dans ce secteur en cas de retard dans le processus de restructuration des industries et des exploitants et de stocks importants de sucre.
Produits animaux: les perspectives à moyen terme sont « relativement bonnes » pour les volailles, la viande porcine et le lait et les produits laitiers. La production de viande de bœuf devrait, au contraire, continuer à baisser. La production de viande bovine devait augmenter ponctuellement en 2006, grâce à la levée complète de l'embargo de l'UE sur le bœuf britannique. La Commission admet que le marché des volailles est affecté par l'évolution de l'épizootie de grippe aviaire en Europe. La consommation totale de viande dans l'UE devrait s'améliorer quelque peu, passant de 85,3 kg par personne en 2005 à 86,3 kg en 2013. Le porc représente 50% des viandes consommées, loin devant les volailles (27%).
La production de lait devrait rebondir à court terme (après une baisse entre 2005 et 2006), puis se stabiliser aux alentours de 149 millions de tonnes, avant de diminuer progressivement. Le cheptel de vaches laitières de l'UE-27 devrait passer de 24,9 millions de têtes en 2005 à 22,5 millions de têtes en 2013. La production de fromage dans l'UE à 27 devrait augmenter de 10% à moyen terme. Celle du beurre devrait repartir temporairement à la hausse en 2007, avant de poursuivre sa décrue à moyen terme (compte tenu de la baisse du prix d'intervention et de la hausse de la demande de produits laitiers à forte valeur ajoutée). Enfin, la Commission table sur une diminution, à moyen terme, de la production de lait écrémé en poudre.
Revenu agricole: selon la Commission, le revenu agricole moyen de l'UE à 27 (en termes réels et par unité de travail) devrait gagner 23,2% entre 2005 et 2013, avec toutefois de fortes disparités entre les pays: + 9,3% en moyenne dans les 15 anciens Etats membres, +37,1% dans les dix Etats membres ayant adhéré à l'UE en mai 2004 et +105,1% dans les deux derniers pays membres (Roumanie et Bulgarie). (lc)