Bruxelles, 23/01/2007 (Agence Europe) - Invité par le European Policy Center mardi à Bruxelles, le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, a dit espérer que la réunion informelle, en marge du Forum économique mondial de Davos le 27 janvier, d'une trentaine de ministres du Commerce aboutira à une reprise des négociations de Doha sur le plan formel (au niveau politique). Suspendues depuis le mois de juillet dernier (EUROPE n° 9238 et 9241), les négociations n'ont, à ce stade, repris qu'au plan technique depuis la mi-novembre (EUROPE n° 9308). « Nous avons un engagement politique et une activité technique. Mais la fenêtre d'opportunité (pour conclure le round) est étroite », a estimé M. Lamy, appelant les négociateurs à « intensifier leurs discussions » à Davos. Cette réunion « pourrait donner le signal d'une reprise des négociations complètes, cela dépendra de la volonté des ministres », a poursuivi M. Lamy. Dans un message adressé aux négociateurs, le directeur général de l'OMC n'a pas manqué de rappeler les risques d'un échec, en particulier les « immenses coûts systémiques » et les « conséquences géopolitiques pour un monde potentiellement extrêmement instable », ainsi que le « prix du succès », « modeste » selon lui, car équivalent à la « franchise d'une police d'assurance contre le protectionnisme ». M. Lamy a également rappelé l'importance de l'acquis des négociations sur chacun des volets des négociations (agriculture, industrie, services et facilitation du commerce) plus le paquet développement qui prévoit l'ouverture des marchés des pays riches et émergents à 97% des produits des PMA. Enfin, l'ancien commissaire européen a rappelé les efforts attendus de la part de chacun des acteurs majeurs: sur les soutiens internes agricoles pour les Etats-Unis ; sur les tarifs douaniers agricoles pour l'Union européenne et les pays importateurs net agricoles du G-10 (Suisse, Norvège, Corée du Sud), en particulier du Japon ; sur les tarifs industriels pour les pays émergents du G-20, Brésil et Inde en tête. Interrogé sur les chiffres d'un éventuel accord euro-américain démentis par la Commission (EUROPE n° 9348), M. Lamy n'a pas souhaité commenté, se contentant de rappeler le principe du compromis attendu au G-6 (Union, Etats-Unis, Brésil, Inde, Australie et Japon): « les Américains proportionneront leurs efforts sur leurs soutiens internes à ce qu'ils obtiendront de l'Union, du G-10 et du G-20 en termes d'accès au marché ». (eh)