Bruxelles, 19/01/2007 (Agence Europe) - Largement dominé par les sujets de politique extérieure, en particulier les crises humanitaires en Afrique et la situation au Moyen-Orient, le Conseil « Affaires générales/Relations extérieures » de lundi 22 janvier se penchera aussi sur les élections parlementaires en Serbie qui auront eu lieu la veille. Les ministres des Affaires étrangères devraient aussi entériner le mandat de négociation pour un accord élargi de partenariat avec l'Ukraine. En marge du Conseil se tiendra, lundi soir, une Troïka entre l'UE et le Monténégro. Le lendemain, une autre rencontre de ce type est prévue avec l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Voici l'ordre du jour détaillé du Conseil, qui sera présidé par Frank-Walter Steinmeier:
Stratégie de Lisbonne. La vice-présidente de la Commission, Margot Wallström, présentera le rapport de progrès annuel sur la mise en œuvre de la stratégie pour l'emploi et la croissance dans les Etats membres, contenant notamment des recommandations spécifiques par pays. Cette question, qui reviendra à l'ordre du jour du Conseil européen de printemps, les 8 et 9 mars prochain, ne fera pas l'objet de longues discussions.
Politique européenne de voisinage (PEV). Evincé du débat en décembre du fait de l'omniprésence de la question turque, les ministres discuteront de la communication de la Commission sur la mise en oeuvre de la PEV (EUROPE n° 9320).
Ukraine. Le Conseil devrait ensuite adopter le mandat de négociation de l'UE avec l'Ukraine en vue de renouveler l'accord de partenariat et de coopération qui expire cette année. Désireux d'afficher leur soutien à la perspective européenne de l'Ukraine, certains Etats membres (Pologne et Hongrie, suivis de Royaume-Uni et Suède) ont souhaité qu'une déclaration politique du Conseil accompagne le mandat de négociation. D'autres (France, Espagne, Pays-Bas) en revanche préfèrent s'en tenir au cadre strict de la politique européenne de voisinage sans mentionner de perspective d'adhésion.
Balkans occidentaux. En vue de préparer la Troïka avec le Monténégro, les ministres adopteront des conclusions relatives à la signature d'un partenariat européen. Ce type de partenariat, qui fournit un cadre de domaines d'action prioritaires et un cadre financier afin de favoriser la stabilité du pays, existe pour l'ensemble des pays des Balkans et est devenu nécessaire depuis l'indépendance du Monténégro en mai 2006.
Lors du déjeuner, les ministres des Vingt-sept auront un premier échange sur les élections parlementaires en Serbie qui ont lieu la veille. Un débat plus approfondi sur le futur européen du pays ne devrait avoir lieu qu'à l'occasion du prochain Conseil du 12 février. L'envoyé spécial de l'ONU, Martti Ahtisaari, aura alors rendu son rapport sur le statut du Kosovo, vraisemblablement « aux alentours du 2 (février) », selon un diplomate. Si un geste des Vingt-sept en faveur d'une relance des pourparlers avec Belgrade sur l'Accord de stabilisation et d'association n'est pas à attendre dès lundi, les conclusions pourraient prendre une forme sensiblement plus ambitieuse en cas de percée des forces pro-européennes lors du scrutin de dimanche.
Soudan. Alors que la situation dans le pays reste « inquiétante » et que la mission de l'Union Africaine au Soudan (AMIS) reste « totalement sous financée », selon un diplomate, le Conseil adoptera des conclusions, qui étendront, pour une période pouvant aller jusqu'à six mois, le soutien civil et militaire de l'UE à l'AMIS. Les ministres exprimeront aussi leur soutien au déploiement de la force hybride (Nations Unies et Union Africaine) au Darfour, mais l'incertitude demeure sur la question plus générale de la mobilisation des financements de l'AMIS.
Somalie. Le départ de Sharif Hassan Cheikh Aden, qui a été démis de ses fonctions de Président du Parlement transitoire somalien mercredi (EUROPE n° 9346), n'est « pas un bon signe quant à la volonté de dialogue de ce gouvernement », a constaté vendredi un diplomate. Dans ses conclusions, le Conseil rappellera que l'UE est disposée à soutenir financièrement le mécanisme de stabilisation tel qu'établi par la Résolution 1725 du Conseil de sécurité de l'ONU. Une enveloppe de 15 millions d'euros devrait ainsi être débloquée, avait annoncé Louis Michel, le Commissaire en charge du dossier.
Iran. Dans ses conclusions, le Conseil a l'intention d'envoyer « un message clair à l'Iran » en mettant en œuvre la Résolution 1737 du Conseil de sécurité des Nations Unies « de la manière la plus stricte », a indiqué le diplomate. La réunion de lundi ne débouchera néanmoins pas sur des mesures concrètes, a-t-il reconnu. « La porte reste ouverte, mais il faut que quelqu'un passe la porte », a-t-il ajouté.
Moyen-Orient. Au déjeuner, les ministres auront une discussion sur la relance du processus de paix au Moyen-Orient. Après les entretiens entre la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, d'une part et la chancelière allemande, Angela Merkel et le ministre Steinmeier d'autre part, le Conseil adoptera des conclusions appelant à une réunion rapide du Quartette.
Libye. Des conclusions sur le sort des infirmières bulgares et du médecin palestinien condamnés à mort par la Cour suprême libyenne (EUROPE n° 9341) seront adoptées. S'il s'agit de « sauver ces gens » et si la Bulgarie peut compter sur la « solidarité sans faille » des autres Etats membres, « il faut être prudent et ne pas se bloquer la voie ou créer des obstacles », a commenté le diplomate.
Energie. La Commissaire chargée de relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, reviendra sur les aspects de politiques extérieures du paquet énergie adoptée le 10 janvier (EUROPE n° 9341). Les ministres auront là leurs premiers échanges de vues en prévision du Conseil européen de printemps.
Peine de mort. A la demande de l'Italie, le Conseil aura un échange de vues à propos de son idée de moratoire international sur la peine de mort. La réflexion pour faire progresser ce dossier aux Nations Unies est en cours au sein de l'UE, a indiqué la Présidence allemande qui a l'intention de demander aux ambassades à New York et à Genève de faire un état des lieux de la question, avant de consulter des ONG et de revenir ensuite avec des propositions sur les suites à donner.
Déclaration de Berlin et Traité constitutionnel. La Présidence fera un bref point sur les procédures qu'elle a l'intention de suivre pour progresser sur ces deux dossiers (l'établissement de points de contact - « focal points » - dans les Etats membres notamment).
Rappelons que le Conseil adoptera aussi, sans discussion, une déclaration dans laquelle il s'engage à reprendre sans délai ses efforts en faveur de l'adoption de la proposition de règlement sur le commerce avec la partie nord de Chypre. Cette déclaration avait fait l'objet d'un accord politique en décembre, au moment où le Conseil avait décidé de freiner les négociations avec la Turquie sur huit chapitres (EUROPE n° 9326). (ab)