Bruxelles, 19/01/2007 (Agence Europe) - Selon un rapport publié vendredi 19 janvier par l'ISAAA (International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications), les surfaces de cultures biotechnologiques dépassent les 100 millions d'hectares dans le monde, avec une croissance de 13% en 2006 par rapport à l'année 2005. Cette organisation à but non lucratif, engagée dans la lutte contre la faim et la pauvreté en encourageant le développement des produits biotechnologiques, estime qu'entre 1996 et 2006 les surfaces cultivées en OGM ont été multipliées par soixante. Le nombre d'agriculteurs dans le monde cultivant des plantes biotechnologiques serait passé de 8,5 millions en 2005 à 10,3 millions en 2006.
Clive James, le président de l'ISAAA qui est l'auteur du rapport, prédit une accélération du développement des productions transgéniques: d''ici 2015, 20 millions d'agriculteurs cultiveront 200 millions d'hectares de plantes biotechnologiques dans environ 40 pays, selon le rapport. M. James souligne que plus de 90 % (9,3 millions) des exploitants ayant choisi en 2006 de se tourner vers ce type de cultures sont des agriculteurs aux revenus modestes situés dans des pays en voie de développement. Selon l'auteur, les biotechnologies ont contribué, bien que de manière modeste, « à la diminution de la pauvreté » dans ces pays. Contre 9 % dans les pays industrialisés. Les exploitants séduits par les OGM expliquent que ces cultures permettent de réduire les frais en insecticides et d'améliorer les rendements. Par exemple, le rendement du coton Bt produit en Inde est passé de 308 kg de fibres de coton par hectare en 2001/2002 à 450 kg par hectare en 2005/2006. De même, les exportations du coton indien se sont envolées (de 0,9 million de balles en 2005 à 4,7 millions en 2006, un record en Inde). Le rapport détaille les évolutions dans les principales régions productrices:
Europe: la croissance de ces productions augmente dans les pays européens. La Slovaquie est devenue, en 2006, le sixième pays de l'UE à cultiver des plantes biotechnologiques, avec une production très modeste de 30 ha de maïs. L'Espagne reste largement en première place de l'UE, avec 60.000 hectares en 2006. Les cinq autres pays européens cultivant des plantes biotechnologiques ont multiplié par cinq leurs superficies, passant de 1 500 hectares en 2005 à environ 8.500 hectares en 2006. La France a décuplé ses superficies de maïs résistant aux insectes (de 500 à 1 000 hectares en 2005, à 5.000 hectares en 2006). La Roumanie enregistre 115.000 hectares, dont 80 % de soja. Mais le gouvernement roumain a décidé d'interrompre la culture de soja transgénique depuis son adhésion à l'UE. La République tchèque a multiplié par dix sa production de maïs Bt, à 1290 ha. 1250 ha de cultures transgéniques sont produits au Portugal, qui a doublé la superficie de maïs Bt. La production de l'Allemagne de maïs est modeste (950 ha), mais a pratiquement triplé par rapport à l'année 2001.
Amérique du Nord: les Etats-Unis ont augmenté de 2,2 millions en 2005, à 4,8 millions d'ha en 2006, les surfaces en OGM, qui s'élèvent au total à 54,6 millions d'ha. Le maïs transgénique est en hausse de 15%.
Amérique du Sud: l'Argentine compte, en 2006,18 millions d'hectares de cultures OGM (+5% par rapport à 2005), soit 18% de la superficie mondiale des cultures biotechnologiques. Avec 11,5 millions d'ha (soja et coton OGM), le Brésil affiche une croissance de 22 %.
Asie: le chef de file de ce continent, l'Inde, a augmenté de 192 % ses superficies (à 3,8 millions d'ha), et devient ainsi le cinquième plus grand pays producteur de cultures biotechnologiques au monde, devançant pour la première fois la Chine. Les cultures se développent aussi aux Philippines, au Pakistan et au Vietnam.
Afrique: avec 1,4 millions d'hectares, l'Afrique du Sud prend la tête du continent africain en multipliant pratiquement par trois ses superficies de cultures biotechnologiques (surtout du maïs blanc Bt destiné à l'alimentation humaine et du maïs jaune Bt pour l'alimentation animale). L'Égypte, le Burkina Faso et le Kenya mènent actuellement des essais en champ qui s'avèrent déjà « prometteurs ».
L'ISAAA soutient que les biocarburants seront également un moteur de croissance important. Les cultures biotechnologiques sont utilisées pour la production d'éthanol à partir de fibres cellulosiques. Enfin, le rapport précise que les produits OGM qui résistent aux conditions de sécheresse devraient être commercialisés d'ici cinq ans, « ouvrant de nouvelles possibilités de production » sous des climats plus secs. (lc)