Strasbourg, 19/01/2007 (Agence Europe) - Dans un rapport adopté jeudi à Strasbourg, le Parlement européen dresse un bilan à mi-parcours du programme d'action européenne sur la sécurité routière. Il déplore que l'objectif du Livre blanc de 2001 visant à diminuer le nombre des victimes de la route de moitié d'ici 2010 est loin d'être atteint.
En adoptant le rapport de la socialiste suédoise, Ewa Hedkvist Petersen, le Parlement a invité les Etats membres et la Commission à doubler les efforts et à mettre en place les mesures promises, notamment pour la répression transfrontalière des infractions routières. Le Parlement met l'accent sur la nécessité d'uniformiser la législation en matière de permis de conduire, d'appliquer l'obligation de l'utilisation des feux de jour, de réduire le taux d'alcoolémie surtout parmi les jeunes, d'accélérer l'utilisation de rétroviseurs éliminant les angles morts sur les nouveaux poids lourds et de mettre à niveau les infrastructures de repos.
S'exprimant au nom de la Commission, le Commissaire chargé des transports, Jacques Barrot, s'est réjoui d'un « large consensus entre le Parlement, le Conseil et la Commission sur cette priorité » qu'est la sécurité routière ainsi que « sur la nécessité d'une intervention au niveau européen ». Le Belge Mathieu Grosch, au nom des démocrates-chrétiens, déplorait la nécessité d'une harmonisation de la législation. « Réduire à 25 000 le nombre des morts dans les accidents de la route est un objectif ambitieux, mais réalisable » à condition de prendre les mesures nécessaires, a-t-il remarqué. « Nous n'avons pas besoin de systèmes compliqués. Nous avons besoin tout simplement de routes plus sûres, de chauffeurs plus sûrs et de voitures plus sûres, mais ce qui est le plus important est l'action et la répression », a dit le Britannique Gary Titley (PSE). Invoquant la subsidiarité, il s'est cependant montré réservé quant à la proposition d'imposer l'obligation de rouler les feux allumés durant le jour et d'harmoniser le taux d'alcoolémie. Le Lituanien Arunas Degutis, au nom du groupe ALDE, a évoqué l'écart entre les nouveaux et les anciens Etats membres « où la technologie fait défaut ». Il a aussi invité la Commission à accorder plus d'attention « à l'éducation et à la formation des conducteurs ». Le Néerlandais Erik Meijer (GUE/NLG) a mis l'accent sur le respect du temps de repos par les chauffeurs, tout comme l'Irlandaise Kathy Sinnott (IND/DEM). Mme Sinnott a aussi souligné le danger que représente l'absence, dans certains pays y compris le sien, d'infrastructures de repos sécurisées.