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Bulletin Quotidien Europe N° 9348
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/troika sociale

à Berlin, les partenaires sociaux européens ont échangé leurs points de vue sur le concept de « la qualité du travail »

Bruxelles, 19/01/2007 (Agence Europe) - Lors de la réunion de la Troïka sociale, le 18 janvier à Berlin, les ministres de l'Emploi et des Affaires sociales allemand, portugais et slovène ont eu un échange de vues avec les représentants des partenaires sociaux européens, et pour la première fois, de la Plate-forme des ONG sociales européennes du secteur social (Plate-forme sociale) sur « la qualité du travail » et « la flexicurité » (voir EUROPE n° 9345). Les débats sont restés généraux, qualifiés de « très larges » mais aussi d'« intéressants » par les participants.

Le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), John Monks, a lancé un appel urgent aux ministres pour qu'« ils travaillent ensemble pour promouvoir de meilleurs emplois et lutter contre la progression du travail précaire en Europe, plutôt que de chercher à imposer la flexibilité au détriment de la sécurité de l'emploi et des conditions de travail ». John Monks a indiqué que la CES participera aux discussions sur la flexicurité, « mais uniquement si des emplois sûrs et de qualité sont au centre du débat », tout en insistant sur le fait que la flexicurité « doit bénéficier tant aux travailleurs qu'aux entreprises ». Mettant en garde contre l'apparition d' « un marché du travail à deux vitesses qu'il faut résoudre de toute urgence », le secrétaire général a cité les chiffres suivants: - 8 millions de travailleurs à temps partiel sont dans l'impossibilité de trouver un emploi à temps plein ; - la moitié des jeunes travailleurs sont obligés d'accepter des contrats de courte durée. Et M. Monks de mettre en garde: « les décideurs européens doivent écouter les 80% de travailleurs qui affirment que la sécurité de leur emploi est l'aspect le plus important d'un travail de qualité ». Enfin, John Monks a demandé aux ministres de l'Emploi de rédiger « un rapport commun sur la qualité du travail en Europe », d'en discuter sous présidence portugaise de l'UE.

« Les réformes en matière d'emploi doivent avoir pour but d'améliorer les droits de ceux qui vivent dans une situation dite d'emploi précaire, et non pas de diminuer les droits des personnes qui ont un emploi permanent », a déclaré la Présidente de la Plate-forme sociale, Anne-Sophie Parent. « Les réformes faites sur base de la flexibilité et de la sécurité (« flexicurité ») pourraient fonctionner à condition qu'elles seront considérées comme un système intégré incluant des mesures de sécurité sociale, des politiques crédibles en matière d'apprentissage tout au long de la vie, des politiques sociales adéquates et des politiques actives du marché du travail ». La Présidente s'est dite convaincue que « les travailleurs ont besoin avant toute chose de systèmes de sécurité clairs », car cela leur permettrait « de mieux vivre les périodes de transition entre deux emplois et d'être plus confiants dans l'avenir ». Mme Parent a demandé à la Commission de présenter, en même temps qu'une réforme du droit du travail, « un set de réformes sociales garantissant le bon fonctionnement du système » et plaidé, vu le nombre croissant de « working poor » en Europe, pour l'instauration d'un salaire minimum.

A propos de la flexicurité, le président de la commission des Affaires sociales de l'UNICE (patronat européen), Eero Leivo, a constaté que « les outsiders sont les chômeurs ». Et de citer à l'appui quelques chiffres des rapports 2006 sur l'Emploi en Europe et sur les conditions de travail de la Fondation de Dublin: - 80% des travailleurs se disent satisfaits ou très satisfaits de leurs conditions de travail et de l'équilibre entre leur vie familiale et professionnelle ; - avec environ 80% des contrats de travail, le contrat à durée indéterminée reste les plus utilisé en Europe ; - 18,4% des employés travaillaient à temps partiel en 2005 ; - le travail intérimaire reste sous-exploité ; - le travail indépendant est vital pour le développement de l'esprit d'entreprise. Il a annoncé la publication, d'ici printemps 2007, d'une analyse conjointe des partenaires sociaux sur les défis clés du marché du travail. Se référant aux mêmes chiffres, le secrétaire général du Centre européen des entreprises à participation publique et des entreprises de services d'intérêt économique général (CEEP), Rainer Plassmann, s'est dit convaincu que « la qualité du travail ne peut être réduite à une convention contractuelle ou à un niveau de salaires ». Il a ajouté que le CEEP était pleinement engagé à « définir une approche claire pour une politique d'amélioration de la qualité du travail, laquelle est une condition sine qua non pour créer une économie de la connaissance moderne et compétitive ». « Des réglementations modernes et souples sont essentielles pour faciliter le fonctionnement des marchés du travail et pour encourager la création de bons emplois dans l'UE », a déclaré quant à lui le secrétaire général de l'Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME), Hans-Werner Müller. Il a mis l'accent sur le fait que « les PME ont besoin d'un environnement d'affaires positif fournissant à la fois une flexibilité intérieure et extérieure sur les marchés nationaux du travail ». (gb)

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