Bruxelles, 07/12/2006 (Agence Europe) - La ministre danoise des Affaires sociales et de l'Egalité Eva Kjer Hansen a récemment proposé à la table du Conseil de l'UE d'engager un plan d'orientation sociale pour prévenir la traite d'êtres humains. « Je souhaite que les ministres des Affaires sociales prennent leurs responsabilités sur les aspects sociaux de la traite des êtres humains », a indiqué le 1er décembre Mme Kjer Hansen, dans un entretien accordé à EUROPE. Les propositions de la ministre, qui ont été présentées à ses homologues chargés de l'Emploi et des Affaires sociales de l'UE, réunis en Conseil le 1er décembre, tournent autour de quatre idées principales: - tout d'abord, la mise en place d'une méthode de coordination basée sur l'apprentissage mutuel entre les Etats membres afin de savoir ce qui est fait dans le domaine social pour prévenir la traite ; - le développement de statistiques et d'indicateurs communs, notamment pour en savoir plus sur les groupes à risque et pour trouver la meilleure manière de les aider ; - le développement de projets entre les Etats membres se concentrant sur la prévention et l'information, en particulier des jeunes filles se trouvant dans des centres d'accueil étant donné le risque pour elles de tomber dans la prostitution ; - et enfin, le lancement de campagnes européennes d'information ciblant les victimes de la traite.
La ministre a espéré que son initiative n'allait pas empêcher ses collègues de présenter leurs propres idées sur la manière de prévenir la traite des êtres humains. Afin de financer d'éventuelles mesures à venir, Mme Kjer Hansen s'est réjouie du fait que le programme Daphne III (doté d'un budget de 116,85 millions d'euros pour 2007-2013) couvre « explicitement » les activités liées à la traite et permette par conséquent aux Etats membres de lancer des initiatives. Elle a aussi estimé que la Commission avait un grand rôle à jouer dans la création de réseaux de coordination et dans le rassemblement des données à l'échelle de l'UE. Mme Kjer Hansen a par ailleurs expliqué qu'elle entendait inscrire son action dans le cadre de la « complémentarité » avec les actions déjà menées dans le domaine de la Justice et des Affaires intérieures. (bc)