Bruxelles, 22/11/2006 (Agence Europe) - « La stratégie actuelle d'élargissement doit être combinée avec d'autres moyens nous permettant d'intégrer de nouveaux membres », a réaffirmé Olli Rehn mardi devant la commission des affaires étrangères du PE, en rappelant la nécessité de ne pas occulter la capacité d'intégration de l'UE dans le débat sur les futurs élargissements. Comme il l'avait fait lors de la présentation de cette stratégie il y a deux semaines (EUROPE n° 9302), le Commissaire chargé du dossier a insisté: « Nous devons viser un nouveau consensus concernant l'élargissement ». La capacité d'intégration est un concept fonctionnel et pas géographique, a précisé M. Rehn aux députés qui l'ont surtout interrogé sur la Turquie, mais aussi sur l'échelonnement des réformes institutionnelles de l'UE.
Turquie. Revenant sur l'évaluation effectuée dans les rapports de progrès du 8 novembre, M. Rehn a notamment confirmé le calendrier des décisions sur le futur des négociations avec la Turquie: « Si la Turquie ne satisfait pas à ses obligations, la Commission fera des recommandations pertinentes lors du Conseil Affaires générales » du 11 décembre prochain. J'ai entendu dire que le gouvernement turc a parlé de chantage, « ce que je trouve un peu déplacé ; il ne s'agit pas de chantage ni de ligne rouge mais d'une situation gagnante-gagnante », a poursuivi le Commissaire. Répondant à une longue salve de questions portant surtout sur le sort des négociations d'adhésion avec la Turquie, le Commissaire n'a pas livré ses intentions. C'est une « décision politique importante qui fait place à plusieurs paramètres », et il n'est « pas nécessaire de rappeler la gravité de la situation », a simplement expliqué M. Rehn, qui juge: « il n'est pas dans l'intérêt de l'Europe de laisser les négociations d'adhésion s'écrouler » et « il faut éviter une crise grave dans les relations entre l'UE et la Turquie ».
Réformes institutionnelles et élargissement. L'issue des négociations sur la réforme institutionnelle de l'UE en 2007 et 2008 devrait être aussi proche que possible du traité constitutionnel, a estimé le Commissaire, interrogé sur les ajustements institutionnels et leur impact sur les prochains élargissements.
Croatie. Sans s'avancer, M. Rehn a prudemment rappelé que, selon son interprétation, les progrès de la Croatie sur la voie de l'adhésion devraient lui permettre de rejoindre l'UE à la fin de la décennie, soit après 2008, année où il espère que l'UE aura enregistré les améliorations institutionnelles nécessaires. (ab)