Bruxelles, 22/11/2006 (Agence Europe) - En adoptant mercredi une communication faisant le bilan de l'économie européenne en 2006, la Commission appelle les Etats membres à poursuivre sur la voie des réformes et de la consolidation des finances publiques afin d'améliorer le fonctionnement de la zone euro. Pour les Etats membres ayant adopté la monnaie commune, le souci principal reste l'amélioration de la gouvernance et le renforcement de la coordination des politiques économiques. Tous les pays n'ont, semble-t-il, pas encore pris la mesure de leur appartenance à l'Union économique et monétaire (UEM), souligne ainsi la communication intitulée « le renforcement de la zone euro: priorités politiques principales ». Une démarche plus marquée des décideurs politiques envers les citoyens est également nécessaire pour que ces derniers perçoivent plus clairement les retombées positives de l'euro pour l'ensemble de l'économie. La balle est donc clairement dans le camp des Etats membres et les critiques récurrentes envers la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) n'apparaissent dès lors pas du meilleur effet.
Les huit années écoulées ont permis d'asseoir l'euro comme une monnaie forte et stable, « mais cela ne veut pas dire que la zone euro fonctionne de manière optimale, ni que l'agenda politique soit bouclé », souligne le rapport. S'il est naturel dans une union monétaire que l'ajustement s'effectue à travers les différences d'inflation et de taux de croissance, ces derniers ont été parfois le résultat d'ajustements plutôt lents au cours des premières années. Si les ajustements avaient été plus efficaces, les économies qui ralentissaient suite à des pertes de compétitivité auraient pu retrouver une croissance en ligne avec leur potentiel plus rapidement, analyse la Commission. Le constat est le même pour l'inflation, dont les taux par pays pourraient ne pas se situer au-delà de la moyenne communautaire pendant aussi longtemps. « Si elles devaient aboutir à des tensions, de telles divergences pourraient affaiblir la cohésion dans la zone euro, compliquer la coordination politique et la politique monétaire commune », indique donc le rapport, même si à ce stade elles « n'entraînent pas d'instabilité pour le système », a pris soin de préciser le Commissaire aux affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, lors d'une conférence de presse.
Outre les trajectoires d'ajustement budgétaire différentes selon les pays, la Commission détaille tout un ensemble d'autres éléments nouveaux ayant contribué plus que prévu à accentuer les déséquilibres et à influencer les modèles de consommation et d'investissement. Les enseignements à tirer de son analyse conduisent à la prudence budgétaire et à la poursuite des réformes structurelles. Les priorités consistent à: (a) accélérer les réformes structurelles et promouvoir l'intégration. L'agenda de croissance et d'emploi incorporant les politiques du marché intérieur et la politique commerciale a une importance cruciale, souligne le rapport, qui plaide aussi pour une intégration plus forte et moins inégale des marchés financiers, des mesures en faveur de la mobilité des travailleurs, ou des mécanismes de fixation des salaires qui reflètent les gains de productivité ; (b) renforcer les situations budgétaires et améliorer la qualité des budgets nationaux. Cela implique notamment de faire un meilleur usage des périodes de bonne croissance, comme le recommande le Pacte de stabilité et de croissance (PSC) ; (c) renforcer la coordination de la zone euro, en affinant les instruments tant au niveau de l'Union européenne qu'à l'échelon national ; (d) promouvoir l'expansion de la zone euro et (e) convaincre les citoyens. « Une gestion intelligente de l'UEM par les décideurs politiques ne suffit cependant pas si le citoyen n'est pas convaincu », affirme ainsi le rapport.
Evoquant la possibilité d'institutionnaliser l'Eurogroupe, en lui donnant un caractère « pas seulement informel », Joaquin Almunia a insisté pour « améliorer le dialogue des différentes institutions avec la BCE », sans remettre en cause d'aucune façon l'indépendance de l'institution de Francfort. Le Commissaire a par ailleurs rappelé que la « définition du mandat de la BCE est correcte » et qu'il «ne faut pas ouvrir ce dossier ». En effet, « la politique monétaire, de notre point de vue, n'a pas eu d'impact restrictif sur la croissance dans la zone euro », a-t-il lancé. Une appréciation qui résonne comme une cinglante mise au point à destination de ceux qui plaident pour un changement du mandat de la BCE et lui reprochent de freiner la croissance.
La communication et le bilan 2006 de l'économie de l'Union européenne sont disponibles sur le site de la DG Ecfin à l'adresse Internet suivante: http: //ec.europa.eu/economy_finance/index_en.htm. (ab)