login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9299
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/avenir de l'europe

Jean-Claude Juncker contre une négociation « en paquet », liant le futur nouveau Traité, le budget et l'élargissement

Bruxelles, 03/11/2006 (Agence Europe) - Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a mis en garde contre la tentation de vouloir lier, en 2008-2009, les pourparlers sur le nouveau Traité de l'UE avec la révision des perspectives financières 2007-2013 et la future stratégie d'élargissement de l'Union. L'option de traiter ces trois dossiers simultanément sous forme d'un grand « paquet » de négociation a été évoquée ces derniers temps dans la presse et, semble-t-il, dans certains milieux politiques. Il serait bien sûr souhaitable d'avoir le nouveau Traité en vigueur en juin 2009, au moment des prochaines élections européennes, « mais je crois qu'il est plutôt improbable d'avoir un résultat satisfaisant d'ici là, car on ne peut pas se déclarer d'accord avec n'importe quel traité avant 2009 », a dit M. Juncker dans un discours qu'il a prononcé le 30 octobre à l'occasion de l'ouverture de l'année académique 2006/2007 du Collège d'Europe de Bruges. « Il serait carrément impossible de l'avoir si nous continuons à lier le traité constitutionnel ou le grand traité, la revue nécessaire des perspectives financières et l'ensemble des problèmes qui font le cortège de l'élargissement ». Vouloir résoudre tous ces problèmes au même moment peut mener à l'échec total, insiste le Premier ministre luxembourgeois. « Si nous essayons de tout faire en même temps, nous prenons le grand risque de ne pas arriver à nous mettre d'accord, ne fût-ce que sur un des trois éléments » (traité, budget, élargissement). M. Juncker a aussi critiqué les pays membres qui, suite aux « non » français et néerlandais à la Constitution, ont décidé de suspendre le processus de ratification du texte. « Je ne veux pas faire de reproches mal réfléchis à un certain nombre de mes collègues, mais il n'est tout de même pas acceptable que nous signions à 27 un traité, que 18 d'ici quelques semaines auront ratifié le traité et que les autres nous disent: nous on attend ». « Il faudrait tout de même que nous rappelions le fait que nous sommes une communauté de droit et qu'une signature a une valeur. Si 7 gouvernements signent un texte, il faudrait qu'ils soumettent à la ratification les textes qu'ils ont signés », a dit M. Juncker. L'Europe a besoin de la Constitution qui doit rester le « traité de référence » pour les prochains pourparlers. « Il doit être évident que le niveau d'ambition d'un autre traité qui pourrait venir remplacer celui qui vient d'être ratifié par bientôt 18 pays mais qui a été refusé par deux souverains ne va pas s'aligner sur la position de ceux qui ont dit non ou qui n'ont rien dit ». Les pays qui ont déjà ratifié ont « le devoir presque moral » d'exiger que l'essentiel de la substance de la Constitution soit maintenue dans le futur Traité, estime M. Juncker. L'avenir de l'Europe doit devenir un sujet de débat politique dans tous les Etats membres, notamment dans les pays qui ont dit non à la Constitution, souligne encore le Premier ministre qui souhaite que le Benelux redevienne une « force de proposition » dans la construction européenne. « Après les élections aux Pays-Bas (au printemps 2007, Ndlr), il faudra que nous nous ressaisissions au niveau du Benelux pour redevenir cette force de proposition que les trois pays du Benelux étaient toujours au cours de l'histoire de la construction européenne, en espérant que le Benelux ne perdra pas le nord en essayant de le faire, ce que nous réussirons sans doute ».

M. Juncker plaide aussi pour une relance du projet de faire de l'UE un espace de liberté, de sécurité et de justice. « L'Europe des citoyens dont on parle beaucoup, elle est là ». Or, depuis le Sommet de Tampere en 1999, on constate « un affaiblissement de l'ambition judiciaire » de l'UE qui avance à pas comptés « sans connaître l'objectif global et final » de sa politique dans cette matière. Afin d'y remédier, M. Juncker propose de mettre en place un groupe de sages, présidé par Robert Badinter, pour réfléchir à cet objectif final. (hb)

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
CALENDRIER
INTERPENETRATION ECONOMIQUE