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Bulletin Quotidien Europe N° 9299
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/russie

Moscou toujours insatisfait du traitement de la minorité russe en Lettonie et Estonie - Satisfaction sur les « quatre espaces communs »

Bruxelles, 03/11/2006 (Agence Europe) - La préparation du Sommet UE/Russie du 24 novembre prochain à Helsinki, la prochaine négociation d'un nouvel accord de partenariat, la mise en œuvre des feuilles de route pour la création des quatre espaces communs ainsi que des questions de politique internationale (Iran, Corée du Nord, Géorgie, Moldavie, Kosovo, Chypre, Moyen-Orient) ont figuré au centre des travaux du Conseil Permanent de Partenariat UE/Russie qui s'est réuni le 3 novembre à Bruxelles au niveau des ministres des Affaires étrangères. « Sur la plupart des questions internationales, nous avons des points de vue très similaires », a souligné devant la presse le ministre finlandais des Affaires étrangères et actuel président du Conseil de l'UE, Erkki Tuomioja.

En revanche, des divergences de vues assez profondes continuent à exister à propos du traitement de la minorité russe vivant dans les pays baltes, notamment en Lettonie et Estonie. « Nous voulons qu'en Lettonie et en Estonie, les droits de l'Homme et des minorités soient respectés » et que les deux pays observent les recommandations de l'OSCE et du Conseil de l'Europe en la matière, a déclaré devant la presse le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. M.Tuomioja a réagi immédiatement en soulignant que l'Estonie et la Lettonie, en tant que pays membres de l'UE, ont évidemment souscrit à toutes les normes européennes en matière de protection des droits de l'Homme et des minorités. « Certes, il y a encore du travail à faire en ce qui concerne l'intégration des minorités », a dit M.Tuomioja qui reconnaît que l'UE et la Russie ont une appréciation différente de la réalité dans les deux pays baltes. « Pour nous, le verre est à moitié rempli, pour la Russie, il est à moitié vide ». A quoi M. Lavrov a immédiatement répondu en salle de presse: « Je suis tout à fait d'accord pour dire qu'il faut accélérer le processus de naturalisation de la minorité russe et encourager les gens à s'intégrer dans la société. Mais il s'agit de citoyens qui se promènent avec un papier qui dit qu'ils sont des étrangers, des non-citizens dans un pays dans lequel ils vivent. Au rythme actuel de l'intégration en Lettonie, il faudrait 50 ans à la minorité russophone pour s'intégrer et 28 ans en Estonie ».

La Russie veut aussi régler les problèmes aux frontières avec la Lettonie et l'Estonie, a expliqué M. Lavrov. « Nous sommes prêts à signer les accords frontaliers avec les deux pays à tout moment », à condition que les deux pays reviennent aux accords initiaux réalisés à leur propre demande, à savoir des « accords sans complément politique ». La signature a été annulée l'année dernière en raison de « déclarations politiques ambiguës » du gouvernement letton et du Parlement estonien relatives au passé, selon M. Lavrov.

Ces divergences de vues sur les pays baltes ne peuvent pas cacher le fait que l'Union européenne est un « partenaire clé » pour la Russie, « dans le domaine économique, avant tout, mais de plus en plus aussi dans le domaine politique et les autres secteurs de la coopération, comme les sciences, l'enseignement, etc. », a souligné M.Lavrov. Les feuilles de route approuvées lors du Sommet de mai pour la mise en œuvre des quatre espaces communs (économie, liberté/sécurité/justice, sécurité extérieure, éducation/recherche/culture) sont les principaux instruments pour approfondir davantage la coopération UE/Russie, a estimé le ministre russe. Des « progrès remarquables » ont été faits dans ces différents secteurs, a-t-il dit. M. Lavrov a aussi exprimé l'espoir que les deux accords sur la facilitation des procédures d'octroi de visa et sur la réadmission (récemment paraphés) pourront être ratifiés avant la fin de cette année, de manière à ce qu'ils puissent entrer en vigueur au début de 2007. Il a aussi soulevé le souhait russe de voir les obligations de visa entièrement supprimées à long terme. Au début de cette semaine, lors d'une réunion du Conseil Permanent de Partenariat au niveau des ministres de la Justice et des Affaires intérieures, l'UE et la Russie avaient déjà réaffirmé leur volonté commune d'établir le cadre pour un dialogue visant à « examiner les conditions de la suppression des obligations de visa dans une perspective à long terme » (EUROPE 9297).

En ce qui concerne le futur nouvel accord UE/Russie, qui devra remplacer l'actuel Accord de Partenariat et de Coopération qui viendra à expiration fin 2007, Erkki Tuomioja s'est dit optimiste devant la presse quant à l'approbation par les Etats membres du mandat de négociation de l'UE avant le Sommet du 24 novembre. Ce qui permettrait d'entamer les négociations avec la Russie encore avant la fin de cette année.

Sur la Géorgie, M. Lavrov a dit espérer que le pays « n'entreprendra plus rien » qui pourrait aggraver la situation en Ossétie du Sud et en Abkhazie, qu'il respecte tous les accords et toutes les résolutions du Conseil de sécurité sur ces dossiers et qu'il rétablisse des « relations normales » avec la Russie. A propos du problème nucléaire iranien, le ministre russe a souligné la nécessité d'empêcher toute infraction au régime de non-prolifération nucléaire, « en tenant compte des droits de tous les pays à l'accès à l'énergie nucléaire civile et pacifique ». M. Lavrov a aussi été interrogé par la presse sur l'enquête en cours sur le meurtre de la journaliste russe Anna Politkovskaïa. « L'affaire est suivie avec une attention particulière » pour retrouver les « bandits » qui ont commis ce crime, a-t-il répondu, tout en refusant d'en faire une « affaire politique ». (hb)

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