Bruxelles, 31/10/2006 (Agence Europe) - En proposant de réunir dimanche et lundi prochains (5/6 novembre) à Helsinki les ministres des Affaires étrangères de Turquie et de Chypre, ainsi que les représentants de la communauté chypriote turque, leur homologue finlandais, Erkki Tuomioja, tente d'arracher un compromis porteur d'espoir. Les négociations se poursuivent depuis plusieurs semaines pour résoudre la question de l'isolement de la communauté chypriote turque et inciter la Turquie à mettre en œuvre le protocole d'Ankara sur l'extension de l'Union douanière à Chypre, mais un accord peine à se dessiner. Chaque partie veillant à modifier certains éléments des propositions finlandaises (EUROPE n° 9290), une solution « tiendrait du miracle », commente un diplomate européen, qui admet que celle-ci pourrait être: « si pas permanente, peut être temporaire ». Les propositions actuelles portent sur l'ouverture au commerce avec l'UE du port chypriote turc de Famagouste avec, en parallèle, le retour des Chypriotes grecs dans le quartier abandonné de Varosha, qui passerait sous contrôle de l'ONU. Sur ce point ainsi que sur une éventuelle ouverture au trafic international d'un aéroport dans la partie nord de l'île, les positions divergent (EUROPE n° 9290).
Si l'objectif est de parvenir à débloquer la situation avant le 8 novembre, date de la publication du rapport régulier de la Commission sur la Turquie, dont beaucoup s'accordent à dire qu'il sera critique, la réunion du week-end apparaît comme l'occasion à ne pas manquer. La participation de la Commission et des Nations Unies étant encore en suspens, le diplomate interrogé n'a pas souhaité confirmer officiellement cette réunion, qui, si elle a lieu, se tiendra bien les 5 et 6 novembre, a-t-il toutefois précisé. « Le moment est critique », « les réformes sont très lentes » et « je ne vois pas les progrès attendus », affirmait vendredi dernier le Président de la Commission, José Manuel Barroso, préfigurant ainsi le message général du rapport (EUROPE n° 9295). Les points qui y figureront risquent fort d'être similaires aux éléments à charge évoqués dans le rapport très critique du Parlement européen en septembre (EUROPE n° 9274), notamment: la liberté d'expression et de culte, les droits des femmes et des minorités, la situation dans les prisons, mais aussi la mise en oeuvre de la législation sur le terrain et l'application des décisions de justice et bien entendu l'absence de solution à la question chypriote. Devant la presse, la porte-parole d'Olli Rehn a refusé de confirmer aussi bien le contenu du prochain rapport que la tenue de la réunion de haut niveau à Helsinki, où la présence du Commissaire chargé de l'élargissement est cependant pressentie. (ab)