Bruxelles, 30/10/2006 (NA/AN) - Insuffler un nouvel élan au processus de paix israélo-palestinien, au point mort depuis des mois, et réaffirmer le soutien de l'UE au gouvernement libanais, mis en difficulté par des divisions internes: une mission que s'était assignée le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, qui a rencontré les principaux interlocuteurs de la région pendant les six jours de sa tournée marathon, qui l'a mené, du 25 au 30 octobre, d'Israël en Egypte en passant par le Liban.
La relance du processus de paix israélo-palestinien est suspendue depuis des mois à la conclusion d'un accord entre le président palestinien, Mahmoud Abbas, le leader du Fatah, et le Hamas, qui dirige le gouvernement palestinien depuis le mois de mars, pour former un gouvernement d'union nationale. Mais les discussions bloquent sur le refus persistant du mouvement extrémiste palestinien de renoncer à la violence et de reconnaître Israël. M. Solana est donc venu réaffirmer le soutien de l'UE au président Abbas dans sa tentative de constituer un gouvernement de technocrates indépendants qui, une fois en place, permettrait de lever le boycott politique et économique imposé à l'Autorité palestinienne depuis l'arrivée du Hamas au pouvoir. « Nous espérons avoir des nouvelles dans les jours qui viennent, des nouvelles allant dans un sens positif », a-t-il déclaré le 29 octobre, depuis le Caire en Egypte, dernière étape de sa tournée. « Pour l'instant, ils voudraient que ce soit un gouvernent d'experts, de professionnels mais les discussions doivent se poursuivre. J'espère que d'ici un ou deux jours, nous aurons des nouvelles sur une telle initiative. L'Union européenne aimerait beaucoup qu'il en soit ainsi », a-t-il ajouté, cité par l'AFP, après une rencontre avec le président égyptien Hosni Moubarak, en saluant, au passage, le travail effectué par l'Egypte pour contrôler sa frontière avec la bande de Gaza. Ajoutons que depuis Tel Aviv, où il était les 25 et 26 octobre, M. Solana a plaidé en faveur de la réouverture du poste frontière de Rafah, entre la bande de Gaza et l'Egypte. « Nous espérons une réponse sur le renouvellement de notre présence à Rafah dans quelques jours ou semaines, nous espérons parler en jours », a-t-il indiqué, cité par AP. « Nous allons négocier avec les Européens sur les conditions futures » de leur engagement au poste frontière « mais nous sommes très satisfaits du rôle de surveillance européenne du poste de Rafah », a répondu la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni.
L'autre objectif de la tournée de M. Solana dans la région était de réaffirmer le soutien de l'UE au Liban en général, après la guerre entre l'Etat hébreu et le Hezbollah, et au gouvernement du Premier ministre libanais Fouad Siniora en particulier, mis à mal par des factions libanaises rivales. « L'Union européenne apprécie la manière employée par M. Siniora pendant cette période difficile et (il) bénéficiera de l'appui de l'Union européenne », a déclaré M. Solana, le 28 octobre depuis Beyrouth. Pour reconstruire le pays, « vous aurez besoin du soutien financier et matériel de la communauté internationale et l'Union européenne sera à vos côtés », a-t-il ajouté. Avant sa rencontre avec le Premier ministre libanais, M. Solana avait rencontré le général Alain Pelligrini, commandant de la force intérimaire des Nations unies au Liban (la Finul), l'enjoignant à faire pression sur le gouvernement israélien pour qu'il cesse ses incursions dans l'espace aérien libanais. Si, dans l'ensemble, l'application de la résolution 1701 de l'ONU, qui a mis fin au conflit, « se fait de manière positive », s'est félicité M. Solana, le Haut représentant de l'UE a effectivement joint sa voix à celle de la France (voir NA du 24 octobre) pour réclamer la fin des incursions israéliennes. « Je viens d'Israël pour vous dire que j'ai parlé au Premier ministre (Ehoud Olmert), au ministre de la Défense (Amir Peretz) et que je leur ai clairement indiqué que cela devait cesser », a-t-il indiqué. Le ministre israélien de la Défense a toutefois répondu que l'Etat hébreu avait l'intention de poursuivre ses incursions aériennes tant que la résolution 1701 « ne serait pas pleinement appliquée ». Israël accuse en effet Beyrouth de ne pas remplir ses engagements en mettant fin à la contrebande d'armes à destination du Hezbollah. Une information que la Finul n'est apparemment pas en mesure d'infirmer ni de confirmer. « Nous ne savons pas vraiment si des armes entrent (au Liban) ou non, nous ne sommes pas sûrs », a expliqué son porte-parole, Daljeet Bagga. (dt)