Bruxelles, 24/07/2006 (Agence Europe) - La Commission européenne, agissant au nom de l'UE, et la Mauritanie ont paraphé le 22 juillet un nouvel accord bilatéral de partenariat dans le domaine de la pêche. Le protocole actuel arrive à échéance le 31 juillet 2006. D'une durée de six ans à partir du 1er août (avec un protocole pour une période de deux ans, renouvelable deux fois), ce nouvel accord offre à 200 navires de l'UE la possibilité de capturer dans les eaux mauritaniennes des crustacés (surtout des crevettes), du merlu et d'autres espèces démersales (vivant au fond de la mer), des céphalopodes, des petits pélagiques (comme l'anchois) et du thon. Bien que certains quotas aient été revus à la baisse, notamment pour les céphalopodes et certaines espèces démersales, la compensation financière de l'UE reste identique au montant prévu dans le protocole actuel, à savoir 86 millions d'euros par an. Il s'agit du plus important accord de pêche signé entre l'UE et un pays tiers, aussi bien en termes de captures autorisées que de compensation financière. Le Conseil de l'UE doit maintenant adopter le règlement détaillant les modalités de cet accord, après consultation du Parlement européen. La Commission et les Etats membres ont déjà accepté de lancer une procédure rapide d'adoption du texte.
« Cet accord, le plus important avec un pays africain, est une percée majeure », a commenté Joe Borg, le Commissaire européen à la Pêche, pour qui le nouvel accord apportera « un bénéfice mutuel à l'UE et à la Mauritanie en termes d'emplois, de renforcement du contrôle et de la surveillance et de préservation des ressources » halieutiques.
Les quelque 200 navires de l'UE autorisés à pêcher dans les eaux de Mauritanie viennent d'Espagne, Portugal, France, Italie, Grèce, Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Irlande, Pologne, Lettonie, Lituanie et Estonie. Selon l'accord, les possibilités de pêche sont fixées dans un protocole de deux ans renouvelables deux fois.
Principaux droits de pêche: - crustacés (sauf langoustes): captures autorisées pour des capacités de 9.440 tonneaux de jauge brute (TJB) ; - merlu noir capturé par les chalutiers et les palangriers de fond: 3600 TJB de capacités ; - autres espèces démersales que le merlu noir: 2324 TJB ; - céphalopodes: capacités de 18.600 TJB pour 43 licences ; - langouste et crabe: 300 TJB pour chacune des catégories ; - thon: 36 thoniers senneurs et 31 palangriers de surface (canneurs) ; - petits pélagiques: 22 licences au maximum pour les chalutiers congélateurs et une limite de 15.000 TJB pour les navires non munis de congélateurs.
En comparaison avec le protocole actuel, le nouvel accord prévoit une réduction de certaines captures dont les stocks sont en difficulté, comme les céphalopodes (-30%) et d'autres espèces démersales (jusqu'à 60% de baisse). Toutefois, une nouvelle catégorie d'espèces exploitables a été introduite, celle des petits pélagiques capturés par des navires non équipés de congélateurs, qui devront donc débarquer les prises dans les ports de Mauritanie.
Compensation financière: la contribution financière de l'UE versée aux autorités de Mauritanie pour l'exploitation des ressources s'élève à 86 millions d'euros par an, soit 516 millions d'euros sur l'ensemble de la période couverte par l'accord. 10 millions d'euros par an seront destinés au développement du secteur local de la pêche: amélioration des infrastructures portuaires, renforcement du contrôle des activités de pêche et modernisation de la flotte artisanale. Une contribution financière est spécialement prévue pour soutenir le parc national du banc d'Arguin, une réserve naturelle d'oiseaux, poissons, invertébrés et mammifères marins qui longe le littoral mauritanien sur plus de 180 km et couvre une superficie de 12.000 km2. Les licences payées par les bateaux européens devraient augmenter progressivement et pourraient atteindre au total 22 millions d'euros par an.
L'accord prévoit aussi une coopération scientifique entre l'UE et la Mauritanie pour évaluer l'état des stocks et des consultations dans les organisations régionales de pêche compétentes, pour garantir l'adoption de mesures favorables à la préservation des ressources marines mauritaniennes.