Ronda, 24/07/2006 (Agence Europe) - L'immigration vers l'Europe est « un problème européen » qui exige une solution européenne, a déclaré Josep Borrell lors des universités d'été du Parlement européen consacrées au futur de l'Europe. Le président du Parlement européen a donné quelques exemples de cette nécessité. Lors d'une visite aux Canaries, le Président de la région lui avait rapporté l'anecdote d'un immigrant africain qui, recueilli au large des îles, avait demandé aux gardes-côtes: « C'est encore loin, Paris ? ». Josep Borrell a aussi évoqué le récent refus des autorités maltaises d'accepter une cinquantaine d'immigrants africains repêchés près de Malte par un bateau espagnol. « Malte est un petit pays, qui ne sait pas quoi faire de ces cinquante immigrants, et qui est saturé », a-t-il expliqué. L'Espagne a décidé finalement d'accueillir provisoirement la majorité de ces nouveaux arrivés, qui seront ensuite répartis dans plusieurs États membres. « L'Europe perd vingt millions de forces de travail » et fait preuve d'une « grande paresse reproductive », a constaté aussi M. Borrell, qui a relevé « un excédent démographique chez (notre) voisin et un déficit démographique chez nous ». Il faut « remplacer » l'un par l'autre, a-t-il estimé. En outre, « la question n'est pas », selon lui, « de freiner l'immigration illégale » par des interventions uniquement policières, car « le problème est plus grave, il faut une politique de développement » des pays d'origine. « La faim est une antenne parabolique » et quand « tu vois comment on vit en Europe, tu veux venir en Europe », a lancé M. Borrell.