Bruxelles, 15/06/2006 (Agence Europe) - Jeudi, lors du traditionnel Sommet du Parti Populaire Européen (PPE) présidé par Wilfried Martens qui précède le Conseil européen, le Chancelier Schüssel s'est dit devant la presse « plutôt optimiste » au sujet de la Constitution européenne. « Regardez la situation il y a un an: il y avait une grosse division, presque une dépression. Aujourd'hui, il y a une base pour davantage d'optimisme: budget pour les sept prochaines années, directive sur les services (…). Sous présidence allemande, au premier semestre 2007, le processus se poursuivra, et il pourrait être achevé au deuxième semestre 2008 » (la présidence sera alors française: NDLR), a-t-il précisé. Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker ne s'attend pas à « une véritable discussion sur la substance » au Conseil européen, et précise: « nous allons essayer de nous entendre sur la procédure. Je ne sais pas si nous allons obtenir une date pour fixer les éléments finaux de la Constitution ». Et il ajoute: « Je souhaite que le Royaume-Uni soit dedans » (donc, qu'il ratifie la Constitution). Quant à Antonio Lopez, secrétaire général du PPE, il a constaté que c'était le premier sommet du parti après celui de Rome « où nous avons promis de donner un nouvel élan à la Constitution ». « L'objectif ultime est de poursuivre le processus de ratification », a-t-il déclaré, en signalant que les leaders de la famille PPE avaient discuté les idées du Chancelier Schüssel et du président du groupe PPE-DE au Parlement européen, Hans-Gert Pöttering (qui suggère de prolonger la période de réflexion et ouvrir, jusqu'au Sommet de juin 2007, une « période d'analyse pendant laquelle il conviendrait d'examiner toutes les conséquences politiques et économiques d'une absence de Constitution », comme le demande la résolution du Parlement: EUROPE n° 9211). L'ancien Commissaire européen et ancien ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier a estimé pour sa part: « La première urgence, c'est de débattre. D'abord en France. C'est une nouvelle initiative interinstitutionnelle que nous devons préparer. Nous devons utiliser le texte de la Constitution comme référence. Le texte compte beaucoup d'éléments (...) utiles pour faire avancer l'UE. Faisons avancer l'Europe concrètement ».
Au sujet de l'élargissement, Wolfgang Schüssel a répété: jusqu'ici, « il a été un succès ». Quant aux élargissements futurs, il avertit: « Il faut certaines limites, un calendrier spécifique. Il n'y aura plus jamais d'adhésion par groupes de pays. (…) Il faudra prendre en compte la capacité d'absorption, qui doit être clarifiée au préalable : par exemple, qui paie pour l'élargissement ? ». « Si nous ne réalisons pas la substance de la Constitution, ce sera très difficile de penser à de futurs élargissements », a dit pour sa part M. Pöttering. (La résolution adoptée mercredi par le PE invite le Conseil européen de cette semaine à confirmer « son engagement en faveur de l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie (…) le 1er janvier 2007 si elles sont prêtes », et demande que « l'assistance spécialisée que les Etats membres ont fournie, en particulier dans les domaines de la justice et de la police (…) soit renforcée au cours des prochains mois »).
Dans un communiqué, Wilfried Martens estime que le processus de ratification de la Constitution devrait s'achever en 2009: « nous ne voulons pas que ce projet échoue », affirme-t-il. Parallèlement, il demande que l'on poursuive « activement » la mise en œuvre du Plan D de la Commission, et propose, pour le 50ème anniversaire du Traité de Rome, une déclaration qui montre que « pour nous, l'Europe n'est pas un projet du passé, mais est absolument nécessaire pour un avenir prospère de tous les Européens ». Le PPE insiste aussi sur l'ouverture des délibérations du Conseil de l'UE au public.
Le leader des conservateurs britanniques Cameron était invité à Meise, mais n'est pas venu (on sait qu'il a promis de faire sortir les Tories du groupe PPE-DE au Parlement européen: NDLR).
Silvio Berlusconi, présent comme président de Forza Italia, a répété qu'il avait perdu les élections générales en Italie pour seulement 24 000 voix, et qu'il y a eu des irrégularités dans le décompte des votes.