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Bulletin Quotidien Europe N° 9212
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/espace

Avant de proposer en 2007 une vision stratégique à long terme de la politique spatiale européenne, la Commission veut concrétiser GMES

Bruxelles,15/06/2006 (Agence Europe) - C'est le Sénat belge qui a accueilli du 12 au 14 juin la 8ème Conférence interparlementaire européenne de l'espace (EISC). Dans les conclusions adoptées à cette occasion (les parlements des pays de l'UE et de l'ESA qui ont créé un groupe de travail sur l'espace ont le statut de membres permanents: France, Belgique, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne, République tchèque ; d'autres, comme la Douma russe, ont un statut de membres associés: NDLR), les parlementaires nationaux invitent le Parlement européen à renforcer son engagement en faveur de la politique spatiale européenne, notamment au travers de son Intergroupe « air et espace » présidé par le socialiste belge Philippe Busquin. Les membres de la conférence estiment que le Livre blanc sur la politique spatiale publié par la Commission européenne le 11 novembre 2003 « demeure la base pour le rôle de l'Europe dans l'espace et doit être traduit dans une politique européenne de l'espace cohérente ». Les membres de l'EISC demandent à la Commission et à l'ESA de travailler avec l'Agence européenne de défense pour développer des positions communes concernant les questions de sécurité et défense liées aux programmes spatiaux européens, notamment Galileo et GMES, deux programmes prioritaires dont le financement ne peut en aucun cas être compromis. Les membres de l'EISC soulignent que le principe du « juste retour » reste un mécanisme fondamental pour garantir un partage équitable de la base industrielle entre les Etats contributeurs. La conférence plaide aussi en faveur des vols habités pour mobiliser les opinions publiques en faveur de l'espace (y compris par la coopération avec la Russie sur le programme Klipper) et d'un effort supplémentaire pour attirer les jeunes vers les études scientifiques et l'espace.

A l'ouverture de la conférence, son président, le Belge François Roelants du Vivier a souligné que « 2006 sera une année de transition en matière de politique spatiale européenne ». «C'est un peu le calme avant la tempête », a-t-il dit avant de rappeler que la Commission européenne annonce pour début 2007 une communication sur l'avenir de la politique spatiale. Et de poursuivre: « L'année suivante en 2008, la politique spatiale européenne devra franchir une nouvelle étape. Le nouveau Conseil des ministres de l'ESA devra se pencher alors sur la garantie d'accès indépendant à l'espace et le suivi d'Ariane 5. A cet égard, Arianespace mérite un coup de chapeau pour les résultats obtenus en 2005. Grâce à Ariane, l'Europe est devenue leader des lancements commerciaux, ce à quoi nous ne pouvons qu'applaudir. Même si le bilan actuel d'Arianespace est positif, nous ne devons pas nous endormir sur nos lauriers. Un nouveau programme capable de garantir l'accès futur de l'Europe à l'espace s'avère plus que nécessaire ».

Jean-Jacques Dordain a commencé par rappeler que l'Europe est aujourd'hui le seul acteur spatial disposant de missions d'exploration de la lune, Mars, Vénus et bientôt Mercure, participant à la station spatiale internationale, à quoi s'ajoutent les programmes Galileo pour la navigation et GMES pour l'observation. En 2008, l'Europe disposera aussi d'une gamme complète de services de lancement, avec Ariane, Soyouz et Vega, a rappelé le directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA) qui s'est félicité de la tenue de trois réunions du Conseil Espace (UE + ESA) en un an. Mais cela ne doit pas cacher « les faiblesses » structurelles de la politique spatiale européenne: - l'absence d'intégration de la dimension sécurité et défense et la faible conscience politique de l'utilité du secteur spatial, des problèmes qui sont apparus plus récemment mais qui prennent de l'ampleur: - la chute de la compétitivité, avec une baisse de la capacité industrielle ; - la faiblesse de l'engagement public alors que la Chine, l'Inde et la Russie ont des programmes spatiaux en croissance. « Il est urgent de faire mieux et de faire mieux rapidement », a dit M. Dordain en rappelant que « les succès d'aujourd'hui proviennent de décisions prises il y a dix ans ». L'espace, qui peut servir à la collecte et à la dissémination de l'information, peut « apporter sa pierre » au renforcement de la cohérence des politiques intérieures et extérieures que la Commission vient d'appeler de ses vœux dans sa dernière communication. Et d'évoquer trois priorités: (1) renforcer la compétitivité industrielle européenne ; (2) développer la maîtrise des systèmes de systèmes ; (3) faire évoluer l'ESA pour tenir compte des besoins communautaires, renforcer la coopération en Europe (au-delà de l'adhésion de la Hongrie, il envisage un élargissement à au moins 22 Etats membres, contre 17 à l'heure actuelle) et adapter les modalités de financement.

Le directeur chargé de l'espace à la Commission européenne, Paul Weissenberg, est revenu sur la nécessité de « convaincre les gens de l'importance stratégique de l'espace pour l'UE » et de développer une stratégie à long terme. La deuxième étape consiste logiquement à mettre un peu de cohérence dans les interventions de la multitude d'acteurs nationaux et européens du secteur spatial. En ce sens, un premier progrès a été réalisé en définissant le champ d'activité de l'ESA comme étant celui de l'exploration et celui de l'UE comme étant celui des applications. Après Galileo, il va falloir mettre en route GMES, qui bénéficiera d'un nouveau nom à l'issue du concours qui vient d'être lancé, a expliqué Paul Weissenberg en soulignant que le développement de GMES commencera par l'observation maritime et terrestre et sa mise en œuvre pour la gestion des crises dès 2008. Les aspects liés à la sécurité constituent « un sujet plus délicat », difficile à résoudre dans la structure en piliers de la politique communautaire actuelle, a-t-il dit avant de réaffirmer que « la politique spatiale n'est pas un but en soi, mais un outil destiné à servir des buts », qui reposent sur les besoins des utilisateurs. En réponse à une question de François Roelants du Vivier qui l'interrogeait sur le devenir du Livre blanc de la Commission sur la politique spatiale, Paul Weissenberg a dit: « Tout ce qui vient de la Commission a une durée de vie limitée (…). Le livre blanc n'est pas la bible. L'UE a changé entre 2003 et 2005 (…). Il faut aller de l'avant ».

Pour l'industrie, Alain Gaubert, secrétaire général du pilier spatial de ASD (Eurospace), a réclamé des initiatives européennes de soutien à la compétitivité de l'industrie et une redynamisation de la politique spatiale. Selon lui, l'industrie spatiale manifacturière (lanceurs et satellite) européenne a perdu 22% de ses emplois en cinq ans, à la suite de la crise du secteur des télécommunications et de l'effondrement du marché commercial. « Dans le monde entier, le soutien accordé au secteur spatial est en croissance, sauf en Europe », a-t-il déploré en avertissant: « l'industrie est en grand danger ». Avec le CEO de l'entreprise belge SABCA, Remo Pellichero, il a aussi longuement plaidé pour le maintien du système de juste retour dans le secteur spatial.

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